Bacalan, futur quartier d’affaires nouvelle génération ?

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Publié le 11 janvier 2019 par

Gilles Vidotto Avatar Gilles VIDOTTO

SOMMAIRE

Mardi 11 décembre 2018, la troisième et dernière phase de la transformation de l’ancienne fourrière de Bordeaux a débuté. La première pierre du chantier a été posée. Deux hôtels, une auberge pour jeunes actifs et un nouveau concept de "flex office" prendront place, d’ici 2020, sur l’ex-îlot de la fourrière. Ce dernier est situé dans le quartier Bacalan, juste en face de la Cité du Vin. Un pôle tertiaire de 10.000m² viendra également compléter cette opération urbanistique mixte.

Les travaux de cette ancienne fourrière ont débuté en 2017. Le groupe Legendre aménage cet ancien site depuis trois ans. Les Halles Bacalan, ouvertes au public le 9 novembre 2017, ont été l’un des premiers équipements construits sur l'îlot. Elles regroupent 23 artisans producteurs, un point de restauration et un café. Le site accueille également 10.000m² de bureaux, qui logent les élèves de l’école hôtelière Vatel. Avec cette dernière phase de construction, l’opération de l’îlot de la fourrière s’étalera sur 30.000m² au total.

L’ouverture de la Cité du Vin, en 2016, a impulsé un nouvel élan au quartier Bacalan. Une construction innovante à l'image de la volonté de la ville de redynamiser son urbanisme: rénovation des boulevards, prolongement du tramway jusqu'à Eysines...

Cette requalification du quartier encourage Legendre et la Ville dans son ambition. Legendre a d'ailleurs choisi d'implanter sa quatrième direction française à Bordeaux, en associant à cette construction les 3 entités du Groupe.

Deux nouveaux hôtels sur l’îlot

La conception des deux hôtels est réalisée par la filiale hôtelière du Groupe Legendre, en collaboration avec l’atelier Cosa (Colboc Sachet Architectures).

Ce programme comprend un hôtel 3 étoiles. Il est composé de 133 chambres réparties sur 6 étages, d’un bar / restaurant ainsi que d’une salle de fitness.

L’hôtel 4 étoiles, quant à lui, dispose de 150 chambres réparties sur 9 étages. L’entrée de ce bâtiment se fait par deux anciens silos réhabilités. Le rez-de-chaussée sera dédié à des salles de réunions et de séminaires. Le dernier étage de l’hôtel accueillera un restaurant / bar panoramique ainsi qu’un spa-piscine en rooftop. Les deux hôtels disposeront d’un jardin en coeur d’îlot.

Un projet sur les arts visuels pour une partie des silos de l’îlot

Dans l’optique d’augmenter l’attractivité du quartier, Legendre, en concertation avec la Mairie de Bordeaux, a décidé d’ouvrir 6 des 8 silos restants à un opérateur artistique. Ces édifices cylindriques, qui autrefois permettaient de stocker des produits agricoles, font l’objet d’un appel à projet. Plusieurs candidatures sont en cours d’analyse. Ces dernières portent sur les arts visuels : les arts numériques, la photographie ou encore l’art contemporain.

« Whoo », un nouveau concept de résidence pour jeunes actifs

En complément des deux hôtels prévus, Legendre complète l’offre hôtelière de l’ancienne fourrière avec le “Whoo”, un complexe à mi-chemin entre l’auberge et la résidence. Son concept : une résidence pour les jeunes actifs. Ainsi, ces jeunes pourront vivre au sein d’une communauté tout en disposant de leur propre logement. Par ailleurs, plusieurs services sont mutualisés tels que l’espace petit-déjeuner, une salle à manger, un lieu de coworking, des salons, une salle de sport, etc.

Les logements privatifs sont entièrement meublés. Ils proposent des surfaces allant de 18 à 22m². Ce “Whoo” propose également une auberge de 230 lits pour répondre à la demande touristique de Bordeaux et pour ouvrir l'échange entre les jeunes actifs bordelais et les jeunes de passage.

Whoorks lance le “flex office”, un nouveau concept de bureaux partagés et modulables

Le pôle tertiaire de l’îlot accueillera, sur 8.000m², un espace original nommé “Whoorks”. Il s’agit d’un espace de travail “nouvelle génération”. Ses 350 bureaux partagés et son flex office ouvriront leurs portes au premier trimestre 2019. Le “Whoorks” poursuit son développement en France, notamment à Rennes. Des discussions sont en cours concernant une implantation dans les villes de Nantes et de Toulouse.

À Bordeaux, sur les 8.000m² du “Whoorks”, près de la moitié (3.500m² de bureaux modulables) sera allouée au groupe de paris sportifs en ligne Betclic. Le siège social de l’entreprise occupera le deuxième et le troisième étage du bâtiment. Betclic, qui compte 500 salariés, emploie actuellement 200 personnes à Bordeaux (contre 40 à son arrivée en 2017). Par ailleurs, le groupe annonce 50 recrutements supplémentaires en 2019 : développeurs informatiques, ingénieurs, marketeurs, etc.

« C’est la flexibilité du concept qui m’a intéressé. Ce système nous permettant pour les années à venir de gérer notre croissance sans devoir déménager, et de prendre éventuellement plus de place. [...] Nous avons recruté ces derniers mois des Bordelais mais aussi des Suédois, Italiens, Portugais ou Polonais. »
Nicolas Beraud, directeur général de Betclic.

Vers un 2e Whoorks à Bordeaux Saint-Jean

Les concepteurs de Whoorks souhaitent développer leur concept à Bordeaux. Pour cela, ils misent sur la flexibilité de leur offre. Cette dernière devrait séduire les PME, startups et filiales de grands groupes. En effet, si une société emploie 20 personnes lors de son arrivée, elle peut avoir la garantie d’obtenir 20 postes supplémentaires sans devoir déménager. À l’inverse, en cas de difficultés, la société peut également demander à réduire la surface qu’elle occupe.

Les bureaux partagés Whoorks, pouvant accueillir 2 à 1.000 personnes, sont meublés, équipés (d’une connexion internet, de tableaux tactiles, etc) et complétés par des salles de réunion modulables.

Bordeaux compte héberger un second Whoorks vers la gare Saint-Jean. Cet espace devrait attirer les entreprises parisiennes utilisatrices de la LGV.

L’aménagement de l’îlot Fourrière, un projet inscrit dans une démarche environnementale forte

L’opération urbanistique de l’îlot de la fourrière se démarque par son insertion urbaine et ses aspirations environnementales. Pour cela, le projet doit répondre aux attentes de la ville tout en étant intégré à son environnement. Il a donc été conçu avec :

La place de Bacalan accueille ses nouvelles fontaines artistiques

Bordeaux Métropole développe des commandes d’oeuvre d’art contemporain. La commande artistique Garonne, lancée en 2013, s’inscrit dans cette volonté. Elle prend le fleuve de la Garonne comme élément fédérateur.

C’est dans ce contexte qu’une fontaine pour la place Adolphe Buscaillet a été imaginée. L’artiste Clémence Van Lunen a inventé deux fontaines qui vont être aménagées sur cette place du quartier de Bacalan.

Commandées par Bordeaux Métropole, ces deux fontaines sont différentes. L’une est grande et très colorées, avec un aspect inachevé volontaire, et l’autre est petite, et servira de fontaine publique.

Cet aménagement marque, probablement, le renouveau de cette place qui manquait de cohérence. En effet, depuis bien des années, cette place n’a eu aucun fil conducteur urbanistique. Cela est en passe de changer avec les “Fontaines de Bacalan”.

« J'ai conçu deux sculptures-fontaines pour le jardin Adolphe Buscaillet [...]. La grande fontaine se compose d'une très grosse cruche et d'un empilement improbable de socles, vases et fleurs en grès partiellement émaillées de couleurs bonbon : rose, jaune, vert et bleu ; Une seconde fontaine telle une fleur tenant une vasque dans sa tête, également en grès émaillé, distribue de l'eau potable aux enfants par la bouche d'un singe niché en son socle. [...]
L'instabilité et la fantaisie que j'ai recherché dans la composition ont nécessité, pour en garantir la faisabilité et notamment la structure métal interne, les compétences de bureaux d'études, d'architectes, d'ingénieurs, d'entreprises diverses, de sculpteurs ferronniers ainsi que tout l'art d'un fontainier passionné. J'ai utilisé librement le thème très ancien du « vase jaillissant », symbole de fertilité qui nous vient de Mésopotamie ; ce thème est repris dans de nombreuses fontaines dont celle des trois grâces de la place de la Bourse à Bordeaux. [...] »
Clémence Van Lunen, créatrice des “Fontaines de Bacalan”

Sources :

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