Immobilier écologique

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SOMMAIRE

Selon une étude ING (International Survey Ipsos) parue en 2018, 50 % des Français se sentiraient concernés par l’impact environnemental de leur logement.

Deuxième émetteur de gaz à effet de serre et premier consommateur en énergie dans le pays, le secteur de l’immobilier n’en finit pas de fourmiller d’idées pour palier à son impact sur l’environnement.

Résolument tournée vers l’avenir, la Belle Endormie n’est pas en reste pour proposer un parc immobilier plus écologique et des initiatives limitant les effets du réchauffement climatique. Les professionnels de l’immobilier neuf s’attèlent à faire perfectionner les modèles et nouveaux usages des bâtiments de demain.

Habiter à Bordeaux dans l’immobilier neuf est la garantie de choisir un logement respectueux de l’environnement.

Qu’est-ce que l’immobilier écologique ?

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Un terme à la mode ? Pas tant que ça ! Si l’immobilier écologique a connu un véritable rebond ces dernières années, le concept n’est pourtant pas si récent que ça. C’est en 1974 qu’apparaissait la première règlementation thermique suite au premier choc pétrolier de 1973 en France, la fameuse RT 1974.

Celle-ci donnera d’ailleurs lieu à 8 autres, de plus en plus performantes au niveau de l’économie d’énergie. La dixième en date, la RE2020 apparaît à l’été 2021 et vise la neutralité carbone pour 2050 mais aussi et surtout : la production d’énergie positive pour les futurs bâtiments neufs.

Plus éthique, plus respectueux de l’environnement, l’immobilier écologique ambitionne des objectifs d’énergie et de diminution d’empreinte environnementale.

Quelle avancée en matière de transition écologique pour le bâtiment ?

Si l’habitat a (presque) toujours été un enjeu fondamental en matière de transition écologique, le Plan de Relance 2021 a véritablement mis les bouchées doubles.

Ambitieux, l’objectif de la relance vise à devenir la première grande économie décarbonée européenne au travers de 4 secteurs prioritaires dont la rénovation énergétique des bâtiments au sens large (résidentiel et tertiaire), mais aussi le transport, la transition agricole et l’énergie.

Quels sont les objectifs du Plan de Relance 2021 pour le bâtiment en France ?

  • Une réduction de 38 % des consommations d’énergie des bâtiments existants d’ici 2030 ;
  • Diminuer l’impact du changement climatique des bâtiments neufs ;
  • Poursuivre l’amélioration de la performance énergétique et la baisse des consommations ;
  • Et garantir aux habitants que leurs logements seront plus adaptés aux nouvelles conditions climatiques.

Quelles sont les normes environnementales dans l’immobilier neuf ?

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Il existe de nombreuses normes environnementales visant à labelliser les bâtiments. De plus en plus répandus depuis le Grenelle de l’environnement de 2007, certifications et labels ont vu le jour pour répondre aux objectifs fixés par le Gouvernement. Zoom sur les normes environnementales en matière d’immobilier neuf.

La RT 2012

Entrée en vigueur dès 2013, la Règlementation Thermique 2012 a pour principal objectif de limiter la consommation énergétique des bâtiments neufs à 50 kWhEP/m² maximum par an, notamment en limitant :

Elle fixe donc une consommation d’énergie maximale pour l’immeuble concerné tant sur le chauffage, l’éclairage, que la production d’eau chaude et la climatisation. Plus performants, les bâtiments permettent aussi de réaliser plus d’économies sur les factures des résidents.

La règlementation est applicable à tous les Permis de Construire ayant été déposés depuis le 28 octobre 2011 pour certains bâtiments neufs du secteur tertiaire et les bâtiments à usage d’habitation construits en zone ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine) et les PC déposés depuis le 1er janvier 2013 pour tous les autres programmes neufs.

Remplacée par la RE 2020 pour tous les bâtiments publics neufs, elle sera totalement remplacée pour l’ensemble des bâtiments dès l’été 2021 afin de généraliser la construction de bâtiments à énergie positive (BEPOS).

La RE 2020

Introduite par la Loi de transition énergétique pour la croissance verte (LTECV) de 2015, la RE2020 a pour principale ambition d’atteindre la neutralité carbone. Ces orientations ont été fixées par la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE).

Plus ambitieuse et exigeante en termes de critères thermiques, la RE2020 vient s’inscrire dans une démarche plus progressive en se fondant sur 3 principaux axes stratégiques :

  1. Poursuivre l’amélioration énergétique et baisser la consommation des bâtiments neufs. L’idée est notamment d’insister sur la performance de l’isolation quel que soit le mode de chauffage installé avec le renforcement des exigences sur l’indicateur de besoin bioclimatique, Bbio.
  2. Diminuer l’impact des bâtiments sur le climat en prenant en compte l’ensemble des émissions de ces derniers sur son cycle de vie de la construction à la fin de vie. Les éléments pris en compte pour cette analyse sont les matériaux de construction, les équipements mais aussi le chauffage, l’eau chaude sanitaire, la climatisation et l’éclairage.
  3. Permettre aux occupants de vivre dans un lieu de vie de travail adapté aux nouvelles conditions climatiques mais aussi aux futures. Ils devront être plus résistants aux épisodes de canicule, plus fréquents et intenses.

Labels et certifications

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Aux règlementations environnementales viennent s’ajouter les labels et certifications énergétiques. Ces gages de qualité sont liés à des marques publiques ou privées venant ainsi certifier la qualité d’un produit qu’il s’agisse d’un bâtiment ou d’une installation.

De plus en plus rigoureux, ces labels viennent répondre aux enjeux écologiques en matière de réchauffement climatique, de pollution des eaux, de nuisances phoniques mais aussi de matériaux. Tour d’horizon des différents labels et certifications en faveur de l’immobilier écologique.

Ce label est issu de la RT2012 et s’inscrit dans les exigences fixées par le Grenelle de l’environnement, à savoir diminuer la consommation énergétique des bâtiments neufs. Il est attribué aux bâtiments dont la consommation respecte les exigences de la RT2012 pour l’éclairage, le chauffage, l’eau chaude, la ventilation et la climatisation. Pour reconnaître un bâtiment labellisé BBC, la lettre A est mentionnée sur les étiquettes énergies des annonces immobilières.

Mise en place en 2004, cette certification est une norme environnementale désignant la Haute Qualité Environnementale. Celle-ci mesure la durabilité d’un bâtiment neuf en prenant en compte les aspects écologiques mais aussi économiques, sociétaux et numériques. Déclinée en quatre niveaux, cette certification peut aller du bon, très bon, excellent à exceptionnel.

Créé en 1997, le label britannique BREEAM® (Building Research Etablishment Environmental Assessement Method) est la certification la plus répandue à l’international. Si celle-ci est similaire à la NF HQE, la BREEAM® s’avère plus souple en termes de critères d’évaluation et de coût. La certification repose sur l’étude de plusieurs thématiques dont la gestion d’énergie et de l’eau, la valorisation des déchets, le niveau de pollution des bâtiments, l’utilisation de process innovants, la santé et le bien-être des occupants, le management des personnes et l’accès à des transports durables.

La certification LEED® (Leadership in Energy and Environmental) est un label américain créé en 1998. Il représente 2 % des certifications françaises. Il concerne les nouvelles constructions et les rénovations de bâtiments tertiaires, logistiques, institutionnels et résidentiels et s’appuie sur l’étude de plusieurs catégories : l’emplacement, l’aménagement écologique du site, le transport, l’économie d’eau, l’efficacité énergétique, la sélection des matériaux et la qualité de l’environnement intérieur.

Le label HPE (Haute Performance Énergétique) est une certification créée en 1978 venant attester de la conformité d’un bâtiment en fonction des critères de la règlementation thermique (RT2012) mais en poussant plus loin la réduction de la consommation d’énergie primaire à -10 %. Obligatoirement délivré par un organisme accrédité selon la norme EN 45011, le label porte sur les thématiques de la sécurité, de la durabilité du bâtiment, les modalités d’exploitation des systèmes de chauffage, d’éclairage, de climatisation et de qualité de l’édifice.

Ce label se rapproche du HPE mais pousse la décote à -20 % en consommation d’énergie par rapport à la RT2012. Pour être labellisé Effinergie +, le bâtiment ne devra pas dépasser les 40 kWhEP/m² par an de consommation énergétique en fonction de la zone climatique et de l’altitude du site.

Les dernières innovations dans l’immobilier écologique

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Les bâtiments Biosourcés

Il est l’un des labels énergétiques les plus récents dans l’immobilier. Il fait suite à l’arrêté du 19 décembre 2019 et à l’article R. 111-22-3 du code de la construction et de l’habitation. Il vient attester de l’utilisation de matières biosourcées d’un bâtiment.

Une matière biosourcée est d’origine animale ou végétale et vient stocker le carbone atmosphérique tout en préservant les ressources naturelles.

La filière des matériaux biosourcés a été identifiée par le ministère de l’Écologie comme l’une des filières vertes ayant le plus de potentiel économique pour l’avenir. Il comporte 3 niveaux et se calcule en fonction du ratio “masse de matière biosourcée” sur la “surface de plancher”.

Quelles sont les matières biosourcées ?

  • Le bois
  • Le liège
  • La paille
  • Le chanvre
  • La ouate de cellulose
  • Le textile recyclé
  • La laine de mouton

Les bâtiments BEPOS

Les bâtiments BEPOS (Bâtiments à Énergie Positive) ont pour intérêt de produire plus d’énergies qu’ils n’en consomment pour fonctionner. Ils viennent dépasser les exigences de la HQE notamment sur le sujet de la construction dite “passive”.

En France, c’est en septembre 2016 que les premières constructions BEPOS sont apparues, dans le cadre de la stratégie nationale bas-carbone et de l’application de la Loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte (TECV). Pour certifier ces bâtiments en termes d’énergie positive et bas carbone, intervient le label “énergie-carbone”. Ce label se destine à tous les bâtiments (habitat individuel, collectif ou tertiaire).

Reprenant la plupart des grands principes de la maison passive, le principe de conception d’un habitat à énergie positive ajoute quelques éléments nouveaux en matière de production d’énergie :

Quels avantages à habiter dans de l’immobilier écologique ?

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Le respect de l'environnement

Si la formule peut apparaître facile, elle est pourtant le premier critère qui pousse les Français à franchir le pas de l'immobilier écologique. Plus qu’un effet de mode, la démarche vise à protéger l’environnement dans le sens plus large : la nature et les autres.

Pour ce faire, la construction des logements écologiques vient se recentrer sur des techniques plus respectueuses de l’environnement : approvisionnement local des matériaux, utilisation du bois, respect de l’emplacement et du site, diminution des pertes énergétiques, installation d’équipements modernes et alternatifs...

L’immobilier écologique est aussi synonyme de santé puisqu’il permet également d’améliorer la qualité de l’air intérieur et de limiter l’impact des composants chimiques grâce aux matériaux utilisés.

Un confort thermique et acoustique renforcé

Elle est l’un des points clés de la transition écologique en faveur de l’habitat neuf : l’isolation. En période hivernale, celle-ci empêchera les déperditions de chaleur et réduira les dépenses de chauffage. En été, elle permettra de maintenir une température intérieure fraîche et limitera le recours à la climatisation.

Adapté aux changements climatiques, l’immobilier écologique permet une meilleure résistance aux périodes de fortes chaleurs.

Outre le confort de température, une isolation renforcée permet aussi de ne pas avoir à pâtir du bruit, notamment dans les copropriétés.

Un gain d’économies

Autre avantage et pas des moindres : faire des économies sur ses factures énergétiques ! En effet, l’habitat écologique ouvre le droit à certains avantages fiscaux et certaines primes pour l’installation d’équipements à haute performance énergétique.

Aussi, l’optimisation des consommations d’eau et d’énergie sont sources d’économies grâce à l’utilisation de ressources renouvelables. Il est également rare de devoir apporter des travaux supplémentaires à ce type d’habitat, respectant déjà des normes strictes assurant la pérennité du bâti.

Bon à savoir

On estime à 450 kWh/m² par an le seuil maximal de consommation énergétique d’un logement décent. Au-delà de ce seuil, le bien ne pourra pas être mis en location.

Dans l’immobilier neuf, le plafond de consommation fixé est de 50 kWh/m² par an.

Les actions de Bordeaux Métropole en faveur de la transition énergétique

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Ecoquartiers, aides à la transition énergétique, maison écocitoyenne, Bordeaux Métropole s’est, depuis plusieurs années, engagée en faveur de l’immobilier écologique. La ville était d’ailleurs labellisée Cit’energie par l’Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) en janvier 2020 et apparaissait au 6ème rang des villes françaises les plus performantes en matière de transition écologique.

Parmi les actions menées par la métropole, Bordeaux a réussi à produire plus d’énergies renouvelables, favoriser la mobilité décarbonée, la préservation de la biodiversité et la rénovation énergétique de l’habitat tout en y associant l’ensemble des acteurs locaux (citoyens, entreprises, associations, organismes).

Qu’en est-il de l’immobilier écologique à Bordeaux ?

Pour répondre aux différents objectifs fixés pour la rénovation énergétique de l’habitat par Bordeaux Métropole Energies (BME), acteur clé du développement durable de la ville, la marque Facirénov a été créée en 2018. Elle exerce une activité permise par la Loi de Transition Énergétique pour la Croissance Verte (LTECV) et travaille sur plusieurs thématiques :

Autre parti pris de la métropole, les écoquartiers. Ils dessinent la ville de demain et fleurissent de plus en plus dans nos milieux urbains. Quartiers répondant aux nouvelles exigences environnementales, la démarche est portée par le Ministère de la Transition écologique.

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Par définition, un écoquartier est un projet d’aménagement intégrant les enjeux et les principes de la ville durable. Particulièrement encouragé par l’État, ces projets interviennent au cœur de territoire ayant des “programmes significatifs de développement de l’habitat".

À Bordeaux, il existe actuellement 3 écoquartiers dont Brazza, Bastide-Niel et Ginko. Situé dans le nouveau quartier d’affaires Bordeaux Euratlantique, Brazza s’étend su 53 000 m² où ont été construits 4 950 logements neufs. Situé le long du pont Chaban Delmas, son aménagement repose sur des fondations sur pieux à plusieurs mètres de hauteur. Il profite de la présence du tramway et a été requalifié pour proposer des cheminements doux.

Situé en rive droite de la Garonne, le quartier Bastide-Niel s’étend lui sur une surface de 35 hectares où ont été construits 3 400 logements neufs. On y retrouve d’ailleurs une infrastructure dédiée aux thématiques portant sur l’écologie, le réchauffement climatique et le respect de la nature. Autre écoquartier emblématique, la ZAC Ginko au nord du cœur historique de Bordeaux. Ancienne terre marécageuse, le quartier fait aujourd’hui figure de proue dans le grand projet “Bordeaux 2030”. Desservi par les transports en commun et doté de 2 700 logements, il a été labellisé par le ministère du logement.

Habiter à Bordeaux : opter pour un logement neuf dans le Bordelais