La ligne Nantes – Bordeaux restaurée

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le 30 juillet 2021

SOMMAIRE

Le tronçon de la ligne Nantes-Bordeaux entre La Roche-sur-Yon et La Rochelle vient de rouvrir après une fermeture de plus d’un an et demi pour cause de travaux. Cette ligne SNCF a repris le service depuis quelques semaines. Les conducteurs ont dû suivre une formation dédiée avant le retour des voyageurs programmé à partir du 31 juillet, selon les responsables de la Société nationale des chemins de fer français. Le retour de cette ligne fera sans doute le plus grand bien au marché de l’immobilier neuf à Bordeaux. Retour sur les détails de ce grand chantier.

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Ligne Nantes-Bordeaux : entièrement rénovée

Dès le 31 juillet 2021, relier La Rochelle et La Roche-sur-Yon en un peu plus d’une heure sera de nouveau possible. Cette ligne ferroviaire va rouvrir après 19 mois de travaux. La ligne a connu sa première rénovation depuis 1871. Lors de sa réouverture, les voyageurs pourront monter dans un des trains qui circuleront chaque jour. Il y aura en tout 3 allers-retours Intercités et 1 aller-retour TER. Le pilote de l’opération pour SNCF Réseau, Nicolas Guével, a précisé que l’ensemble de la ligne a été modernisé et les 103 kilomètres de voies ferrées sont désormais neufs.

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Un an et demi de travaux

La tâche de la SNCF était considérable. La ligne qui a été mise en service en 1871 a été régulièrement entretenue, mais aucune réfection à grande échelle n’a été effectuée depuis sa création. Conséquence, les trains ont dû ralentir de manière considérable leur vitesse. 60 km/h depuis 2015 au lieu des 110 ou 130 km/h auparavant. Aujourd’hui, après les travaux réalisés en un an et demi, il ne faudra plus qu’un peu plus d’une heure pour parcourir ce tronçon. Cette rénovation offre un gain de temps de 45 minutes pour tous les usagers. En effet, à cause de l’état de la ligne, il fallait près de 5 heures de trajet en train pour arriver à destination, alors qu’il faut à peine 3 heures en voiture en passant par l’autoroute.

Les travaux ont pris du retard. La date de réouverture de la ligne était initialement prévue au 29 mai 2021, mais a dû être repoussée au 31 juillet 2021. Les objectifs ont finalement été atteints, grâce aux 20 ateliers menés en simultané l’année dernière et qui ont mobilisé jusqu’à 500 personnes.

Un budget inédit pour le projet

Le responsable de la prospective, l’émergence et la maîtrise d’ouvrage pour SNCF Réseau, Loïc Cocherel, a annoncé que les travaux sur la ligne Nantes-Bordeaux ont été réalisés pour un montant inédit de 152 millions d’euros. Les travaux se sont concentrés après un accord unanime des partenaires sur la rénovation de cette voie et de sa signalisation. Les responsables ont toutefois décidé de garder la possibilité d’un croisement des trains à Marans et à Luçon, ce qui offre une option à terme d’augmenter de manière progressive la fréquence de la desserte ferroviaire.

Les détails des travaux

Les travaux principaux, menés par Colas Rail, mandataire du groupement d’entreprises Travaux de voie, ont été axés sur le renouvellement complet de 103 km de voie, soit 206 km de rails et 115 km de câbles de signalisation. Par ailleurs, la reprise ponctuelle de l’assainissement de la plateforme (3 km pour 16 zones au total) ainsi que la dépose des traverses et rails de la voie 1 en anticipation de la future modernisation de la deuxième voie ont aussi été entreprises. SNCF Réseau a fait savoir que la totalité des 2 voies a été posée à la fin de l’année 2020, avec 13 nouveaux aiguillages. Dans le même laps de temps, les travaux confortatifs étaient déjà en voie d’achèvement avec 95 % sur les 105 km. Par ailleurs, 65 % et 60 % des travaux avaient été réalisés pour la libération des contraintes, avec les opérations de nivellement complémentaires.

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Les équipes de Thales et Bouygues énergie services ont fait savoir en début d’année qu’ils allaient prendre la place des équipes de génie civil (ouvrage d’art, terrassement, voie ferrée) pour les phases de modernisation de la signalisation. Cette étape englobe le remplacement du système de signalisation mécanique en place par un système informatique ainsi que l’implantation d‘une commande centralisée au poste d’aiguillage de La Roche-sur-Yon. Les équipes ont aussi procédé à la pose des équipements de sécurité aux passages à niveau, à l’enfouissement des câbles de signalisation en fibre optique le long de la voie, à la pose d’artère-câbles et à l’installation des équipements de signalisation sur la voie ferrée dans les zones de gare à Luçon, La Roche-sur-Yon, La Rochelle et Marans. Le paramétrage informatique et les essais des postes de signalisation ont déjà tous été effectués.

En ce qui concerne la sécurisation des passages à niveau, 7 PN ont dû être supprimés et les 62 restants ont été renouvelés par le biais de la modernisation des installations et les déplacements des moteurs. L’opération de croisement des trains mené par Colas Rail et NGE est aujourd’hui terminée.

Les différents acteurs du chantier

Ce projet a été réalisé avec succès grâce aux différents acteurs suivants :

De gros changements notables

De nombreux changements ont été apportés sur la ligne, notamment ceux concernant la signalisation. Loïc Cocherel a souligné que sur ce point, un vrai bon technologique avait été réalisé. La signalisation mécanique a été remplacée par une signalisation entièrement informatisée, dont les données sont transmises par fibre optique. Par ailleurs, la gare de Luçon a bénéficié d’un véritable rafraîchissement. Ses quais ont été refaits et rehaussés afin de les rendre accessibles à tous, dont les personnes à mobilité réduite. Un passage souterrain a aussi été construit dans cette partie de la ligne pour renforcer la sécurité des voyageurs.

Des travaux orientés vers un environnement plus sain

Le recyclage des matériaux est un axe fort de SNCF en ce qui concerne l’écoconception. Une attention particulière a été portée à la préservation de l’environnement sur le chantier, d’où la nécessité d’importantes quantités de matériaux, selon Nicolas Guével. Au total, 90 000 tonnes de ballast (les cailloux qui composent la voie ferrée) ont été récupérées, filtrées au tamis, puis réutilisées pour la rénovation des voies. Ce qui est assez pour recouvrir environ 30 % de la ligne, offrant une économie de 1 000 tonnes de CO2. Par ailleurs, 16 kilomètres de rails, encore en bon état, ont été réutilisés à la place de rails neufs, car leur production a un fort impact sur l’environnement. Cette même démarche a été utilisée pour les traverses en béton au niveau des voies de service. Les autres composants, comme les traverses bois créosotées, ont été traités par des filières agréées spécialisées. En tout, 9 000 tonnes de vieilles traverses bois ont été éliminées et environ 21 000 tonnes de vieilles matières ferreuses ont été revalorisées.

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La fin d’une longue attente pour les voyageurs

À quelques jours de la réouverture commerciale de la ligne Nantes-Bordeaux, des trains circulent déjà sur la ligne à des vitesses atteignant les 130 km/h, dans l’objectif de former les conducteurs à tous les changements effectués. Les dernières vérifications techniques sont aujourd’hui en cours. L’attente de 19 mois a été longue pour les habitants qui attendent également avec impatience l’arrivée de la ligne LGV Bordeaux-Toulouse.

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