Un métro pourrait-il voir le jour à Bordeaux ?

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Publié le 22 juin 2018 par

Gilles Vidotto Avatar Gilles VIDOTTO

SOMMAIRE

Métro à Bordeaux Métropole – vue sur le tramway à Bordeaux
© nbnserge - shutterstock

Alors qu' un projet d'ouverture de la première ligne de RER est envisagé: et si Bordeaux accueillait un métro en 2030 ? Voici l’idée proposée par un chercheur et enseignant en droit public de l’Université de Bordeaux pour renouveler les modes de transports en commun de l’aire bordelaise. En tenant compte de la démographie galopante au sein de la Métropole girondine, il prévient les autorités administratives qui seront confrontées à une situation de saturation de transports. C’est pour cela, que le chercheur propose un mode de transport en site propre souterrain comme meilleure solution.

En quoi ce projet est-il cohérent ? Le métro peut-il vraiment s’installer à Bordeaux ? Qu’en est-il de l’avis de la mairie bordelaise à ce sujet ?

La pertinence d’un métro à Bordeaux

Mickaël Baudonne est l’enseignant-chercheur à l’origine de l’idée de la construction d’un métro de deux lignes à Bordeaux. Docteur en droit public au sein de l’Université de Bordeaux, professeur universitaire et chercheur au sein de la faculté Bretagne Sud, il relance le projet de métro déjà évoqué dans les années 1980.

Pour justifier de la création d’un métro à Bordeaux, Mickaël Baudonne a créé un site internet dans lequel il détaille point par point les intérêts pour la ville de mettre en oeuvre ce mode de transport en commun en site propre. Deux principaux critères sont à retenir :

  1. Le temps de trajet revu à la baisse
  2. Le taux de fréquentation en hausse

Le métro peut offrir une réduction du temps de trajet aux usagers

Selon les informations partagées sur le site internet de Mickaël Baudonne, le métro bordelais pourrait être fréquenté quotidiennement par 228.256 voyageurs. Toujours selon ce dernier, la ligne M1 du métro devrait être empruntée par 141.097 Bordelais et la M2 enregistrerait une fréquentation égale à 87.159 voyageurs.

Pour effectuer ce calcul, l’enseignant en droit public a tenu compte de l’intensité urbaine en 2018. Cela lui a permis de définir l’intensité urbaine de 2030 et donc d’estimer le taux de fréquentation de chacune des deux lignes de métro.

Une réduction significative des temps de trajet

L’hypothétique métro bordelais permettra aux habitants de la métropole de réduire leur temps de trajet de 22%. Pour déterminer cette donnée, Mickaël Baudonne a pris en compte une “vitesse commerciale de 35km/h”, en se basant sur les vitesses des métros des villes de Rennes et de Lille.

Dès lors, selon l’étude du professeur le temps pour traverser la ligne M1 du métro est évalué à 27 minutes, tandis que pour la ligne M2, il est de 16 minutes.

Les tracés envisagés

Métro à Bordeaux Métropole – plan du métro à Bordeaux
© Métro de Bordeaux / Rafaël Charpentier

Le métro bordelais de Mickaël Baudonne se compose de deux lignes de métro. La première permet de rejoindre la commune de Talence à Floirac, tandis que la seconde relie Pessac à la rive droite de la Garonne.

La longueur totale du métro de Bordeaux est de 38 km pour les deux lignes réunies. Soit près de 34 stations de métro qui pourraient être créées. Le métro de Bordeaux traverse, par ailleurs, le centre historique bordelais et dessert notamment les quartiers de La Bastide, les Chartrons et Saint-Jean. Saint-Jean Belcier est la nouvelle zone économique administrée par le pôle d’affaire Bordeaux Euratlantique. Un espace où des nombreuses entreprises s’installent et contribuent à assurer la bonne santé économique de Bordeaux Métropole.

Métro de Bordeaux en chiffres
Longueur totale du métro 38 km
Nombre de lignes 2
Nombre de stations de métro 34 stations
Fréquentation quotidienne
Coût de l’opération 1,6 milliard d’euros
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Le centre d’affaires de Bordeaux Euratlantique se présente comme un véritable catalyseur à entreprises et propose de nombreux emplois. Cette diversité professionnelle séduit notamment les habitants de l’Île-de-France qui voient en Bordeaux d’excellentes perspectives de carrière. Effectivement, selon une étude publiée par le site internet Cadremploi, plus de 50% des Franciliens seraient intéressés pour partir travailler dans le sud-ouest de la France. En cause ? Le climat ainsi que la qualité de vie qui rendent le quotidien moins stressant qu’en périphérie parisienne.

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Le métro bordelais rêvé en 1981

Au début des années 1980, la Perle de l’Aquitaine était déjà asphyxiée par les bouchons automobiles. Jacques Chaban-Delmas, alors maire de la ville et président de la Communauté Urbaine de Bordeaux, (renommée aujourd’hui Bordeaux Métropole), souhaitait mettre en place un nouveau mode de transport en commun en site propre. Ne voulant plus de tramway, qu’il qualifiait “d’archaïque” et de “démodé”, il fait la part belle à un métro automatique léger.

Selon les archives du journal Sud-Ouest, le projet de métro bordelais, mesurant au total 45 km, prévoyait la construction de 3 lignes :

Métro à Bordeaux Métropole – vue sur le tramway à Bordeaux
© Eo naya - shutterstock
Crédit photo : Eo naya / Shutterstock.com

L’ensemble des procédures sont adoptées par les conseils administratifs. Pour autant, le métro ne voit pas le jour et c’est bien le tramway qui est développé au sein de l’agglomération bordelaise. Et pour cause, des facteurs environnementaux réfutent la construction d’un mode de transport en commun souterrain. Les sols sont hétérogènes et l’élaboration de sous-sols est défavorable. Par ailleurs, la faible densité de population de l’agglomération ne rend pas le projet de construction de métro prioritaire. En 1995, avec l’arrivée d’Alain Juppé aux manettes de la ville, la construction du métro bordelais et définitivement enterrée.

Depuis les années 90, le projet de métro à Bordeaux est au point mort. Mickaël Baudonne relance donc le débat et voit dans la construction du métro, une manière d’adapter Bordeaux aux besoins contemporains de mobilité.

Sources

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