Développer les espaces verts dans l'immobilier: le souhait du maire de Bordeaux

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Publié le 04 décembre 2020 par

Christelle Privat Avatar de l'auteur "Christelle Privat"

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La lutte contre le dérèglement climatique est devenue l’affaire de tous ! C’est sans doute ce qui explique la vague verte historique qui a déferlée sur la France lors des dernières élections municipales. À Bordeaux, Besançon, Lyon, Poitiers ou Strasbourg, les écologistes s’imposent.

Pierre Hurmic, nouveau maire élu à Bordeaux, a de nombreux projets pour la ville emblématique du sud-ouest et parmi eux, un programme d’urbanisme vert et durable.

L’immobilier neuf à Bordeaux, et le secteur du bâtiment qui représente 38 % des émissions totales de CO2 dans le monde (selon le rapport 2018 de l’ONU), doit désormais composer avec les nouvelles orientations politiques de l’équipe municipale en place, mais aussi avec l’urgence climatique qui devient un enjeu majeur pour tous les acteurs de la vie économique.

Le nouveau maire souhaite revoir la copie des programmes immobiliers neufs à Bordeaux !

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Fini le tout béton : il faut repenser l’immobilier résidentiel à Bordeaux

Le maire Pierre Hurmic, va intervenir dans la politique d’urbanisme de la ville, et il l’a dit lui-même lors de sa conférence de rentrée le 10 septembre dernier :“Dans le domaine, du logement, je veux être un maire régulateur”.

Le ton est donné, dans cette ville souvent qualifiée de minérale ! La volonté est clairement de préserver les espaces verts qui ne sont pas légion, et de repenser les programmes immobiliers afin qu’il soit plus respectueux de l’environnement. Ces dernières années, la métropole a beaucoup construit et pourtant, malgré cela, les Bordelais peinent encore à se loger car les prix de l’immobilier ont augmenté et les logements sociaux ont été les oubliés de l’équation.

Évolution du système constructif, révision du plan paysagé, utilisation de matériaux comme le bois, et augmentation de la part de logements sociaux, tels sont les axes d’amélioration figurant au programme d ’urbanisme de la ville.

Bernard Louis Blanc, adjoint au maire chargé de l’urbanisme résilient compte bien aider monsieur Hurmic dans cette tâche ardue. Il soutient que :

“Face à la crise climatique, il est urgent que les opérateurs urbains changent leur modèle de production. La ville industrielle doit céder la place à la ville résilience et pour cela une transition politique s’impose.”

L’inquiétude des promoteurs immobiliers à Bordeaux

Les promoteurs immobiliers sont soucieux, depuis le basculement de la mairie bordelaise dans le clan écologiste. Le maire veut réviser les programmes immobiliers à venir, ce qui risque d’engendrer des frais supplémentaires sur le travail amorcé, voire l’abandon de certains projets qui ne s’intègrent pas au programme politique du maire : Bordeaux Respire ! De plus la résilience urbaine, concept émergeant qui consiste à réaliser un aménagement du territoire durable et adapté aux phénomènes climatiques extrêmes, inquiète les acteurs de l’immobilier qui voient dans cette idée, une mise à mal de la politique de construction en zone urbaine.

Face à l’embarras des constructeurs, le maire veut rassurer, et a fait savoir que les programmes immobiliers amorcés ne seraient pas dérangés. Pour les autres, il souhaite rediscuter avec les constructeurs et demander des évolutions sur les axes d’amélioration évoqués précédemment : intégration d’espaces paysagers dans les nouveaux programmes immobiliers et utilisation de matériaux durables.

Le projet immobilier Rue Bordelaise pose question

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Le projet d’urbanisme de la Rue Bordelaise est dans le viseur de la municipalité. Ce grand projet immobilier de 500 millions d’euros qui consiste à relier la gare de Bordeaux aux berges de la Garonne par une gigantesque rue piétonne (intégrants commerces et logements) de 600 m de long et de 20 m de large, a été mis en pause et sera rediscuté avec les commerçants et les habitants de la ville. Si ce projet immobilier se poursuit, ce sera sans doute avec quelques aménagements, et pas avant 2026-2027.

D’autres villes françaises succombent à la vague verte et régulent les projets immobiliers urbains

À Lyon, le maire Gregory Doucet veut transformer la ville. Pour ce faire, il entend repenser la mobilité et les espaces publics. Il souhaite également que l’on accorde une plus grande importance à la qualité des lieux de vie et pense qu’il faut construire un urbanisme au service de la nature et du vivant.“Il est de notre devoir d’adapter nos villes aux nouvelles conditions que nous allons connaitre”.

Pour exemple le quartier de Lyon Part-Dieu qui a accueilli beaucoup de nouveaux programmes immobiliers ces dernières années, devrait connaitre quelques modifications :

"C'est un quartier trop minéral. Nous allons casser le bitume pour replanter et ainsi créer de l'ombre et de la fraicheur. La Part-Dieu doit sortir de sa vocation uniquement tertiaire pour redevenir un quartier à vivre, rééquilibré dans ses fonctions".

Même son de cloche, pour les maires verts de Strasbourg, Tours, Besançon, Grenoble, etc., qui veulent réguler la construction immobilière exacerbée et réintégrer de la verdure et des îlots de fraicheur dans la cité.

Des acteurs exemplaires en termes d’urbanisme vert

Singapour, la ville jardin !

Singapour, métropole de la Malaisie serait la ville la plus verte du monde. Surnommée la ville-jardin, un tiers de son territoire est recouvert de verdure et le gouvernement qui prend à cœur ce projet de ville verte ne compte pas s’arrêter là, puisque qu’il s’est engagé à ce que 90 % des habitants vivent à moins de 400 mètres d’un parc.

La ville qui inspire de nombreuses métropoles dans le monde est effectivement un modèle à copier en matière de préservation des espaces verts, il convient néanmoins de nuancer le propos car ville verte ne rime pas forcément avec ville écologique.

Dans le cas présent, Singapour est une ville ayant une empreinte carbone très élevée, une des plus élevées de la planète, car l’île utilise beaucoup plus de ressources que sa biocapacité ne le lui permet. En 40 ans, la consommation d’électricité a été multipliée par 4, comme l’explique le reportage du pure player “Brut”.

Ces acteurs de l’immobilier qui prennent la tangente écologique

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Alors que le secteur de l’immobilier est le premier consommateur d’énergie en France, certains acteurs de l’immobilier se tournent vers la construction éco-responsable, valorisent l’économie circulaire, et rendent nos habitats plus écologiques. La construction éco-responsable peut être envisagée à plusieurs niveaux :

La liste n’est pas exhaustive, mais plusieurs pistes sont envisageables pour améliorer l’habitat de demain face aux enjeux écologiques.

Pour l’exemple, les promoteurs immobiliers Woodeum ou encore REI habitat sont reconnus comme des acteurs de l’immobilier éco-responsable. Le premier, spécialisé dans la construction d’immeuble en bois massif contrôle la provenance de son bois et inverti dans le recrutement de compétences d’ingénierie très avancé, pour développer ses programmes immobiliers. Le second, a choisi de contrôler toute sa ligne de production, en maitrisant la provenance de ses matériaux issus d’une économie en circuit court et en contrôlant la transformation de ses déchets sur ses chantiers.

Bientôt la règlementation RE2020 sera la nouvelle norme qui régira les performances énergétiques et environnementales des programmes immobiliers neufs. Un des objectifs à atteindre sera l’habitat passif qui est une construction très basse consommation, mais certains vont déjà plus loin et conçoivent des maisons positives qui produisent plus d’énergie qu’elles n’en consomment.

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