Renouvellement urbain Les Aubiers–Le Lac : où en est le chantier en 2026 ?

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Avatar de l'auteur "Morgane Caillière" Morgane Caillière

le lundi 30 mars 2026

[ mis à jour le lundi 30 mars 2026 ]

SOMMAIRE

Coincé entre le lac et l'autoroute depuis les années 1970, le quartier des Aubiers n'a pas toujours bonne presse. En mars 2026, la Ville de Bordeaux a fait le point sur le projet qui change tout : 100 opérations engagées, 40 hectares concernés, 166 millions d'euros mobilisés. Pour la première fois, le nord de Bordeaux reçoit l'investissement que mérite un quartier de 3 565 habitants. La question n'est plus « que se passe-t-il aux Aubiers ? » mais « comment ça va changer le quotidien des habitants d'ici 2030 ? »

Un quartier en retard, enfin rattrapé

Les Aubiers, c'est d'abord une géographie qui n'a pas pardonné. Deux barres de logements de 17 à 18 étages construites dans les années 1970, dos au lac, séparées du reste de Bordeaux par des infrastructures routières et des ruptures de tissu urbain. Résultat : 3 565 habitants (INSEE 2018) entièrement en logements sociaux, classés quartier prioritaire de la politique de la ville depuis 2015, et plus récemment quartier de reconquête républicaine en 2018. Un quartier qui a longtemps vécu en autarcie, coupé des dynamiques qui transforment le reste de la métropole.

À quelques centaines de mètres, la ZAC Ginko s'est développée. Des logements, des commerces, des équipements neufs, des terrasses sur le lac. Mais le signal n'a pas traversé l'avenue de Laroque. Les Aubiers sont restés à l'écart. Quand les Bassins à Flot se sont réinventés en quartier mixte à l'est, quand Euratlantique structurait le sud, le nord attendait. C'est ce décrochage que le Projet de Renouvellement Urbain (PRU) cherche aujourd'hui à corriger, et enfin, c'est du concret.

166 millions d'euros hors taxes, c'est l'enveloppe totale mobilisée pour les 100 opérations sur 40 hectares. Budget financé par l'État (ANRU), Bordeaux Métropole, les bailleurs Aquitanis et Domofrance, et complété en janvier 2024 par 35 millions supplémentaires pour les enjeux de sécurité.

Ce qui se voit déjà aux Aubiers : les opérations réalisées en 2024-2025

Au printemps 2026, le chantier n'est plus une promesse. Les habitants le disent eux-mêmes : les travaux font du bruit, les chantiers dérangent, mais la transformation est réelle.

Le gymnase Aubiers-Ginko est ouvert. C'est l'élément clé du désenclavement : en accueillant des pratiques sportives pour le quartier ET pour les riverains de Ginko, il crée un flux de passages entre deux secteurs qui ne se regardaient pas. Le dojo solidaire Cathy Arnaud a été inauguré le 11 juin 2025, renforçant cette logique d'équipements publics partagés.

La chaufferie biomasse, inaugurée en octobre 2021, alimente désormais 1 341 logements sociaux en chauffage et eau chaude. Un réseau de chaleur à 85 % renouvelable, géré en partenariat par Domofrance et Aquitanis. Pas de façade verte : c'est du concret énergétique.

La grande Prairie a été requalifiée. Ce qui était un espace résiduel et peu entretenu en 2020 est devenu, progressivement, un lieu de respiration partagé que les habitants s'approprient. Zones plantées, assises, circulations claires.

Le groupe scolaire Louise Michel, construction neuve, a été livré en avril 2024. 28 classes, 4 178 m², architectes Hessamfar & Vérons, label E+C- E3C1, toiture végétalisée avec jardin pédagogique. L'ancienne école Jean Monnet (4 400 m², 10 classes) est en cours de démolition depuis janvier 2025. C'est une vraie reconfiguration.

118 logements neufs d'accession libre par Kauffman & Broad avenue Laroque commencent à arriver sur le marché. Aucun quartier à 100 % social n'améliore son image sans diversité. Ces logements, commercialisés à partir de 185 725 € (TVA 5,5 %), adressent des primo-accédants et des investisseurs qui n'auraient pas regardé vers les Aubiers il y a trois ans.

Côté réhabilitation : 44 000 m² de logements sociaux sont en cours de restructuration profonde par Aquitanis, selon la Ville de Bordeaux (299 logements, 7 bâtiments, 17,7 M€). La dalle de stationnement est démolie, remplacée par un espace paysager. Les halls et les pieds d'immeuble sont reconfigurés. La barre des G connaît une suppression de rotule et la création de nouveaux accès.

Désenclavement : supprimer les frontières invisibles

Le quartier était littéralement fermé. Le PRU actionne une logique de coutures urbaines : créer des liaisons douces, ouvrir des percées, connecter aux ZAC Ginko et Bassins à Flot, supprimer les angles morts. La rue des Genêts, réaménagée, crée des perspectives visuelles entièrement nouvelles vers le parc floral et le lac.

Les équipements publics jouent le même rôle. Le gymnase Aubiers-Ginko n'est pas qu'une salle de sport : c'est un tiers-lieu qui change les trajets quotidiens. La salle multisport et le dojo suivent la même logique.

Une Maison des solidarités du Département est en cours de réalisation, avec des locaux commerciaux et des bureaux de professionnels de santé en pied d'immeuble. Le quartier manquait cruellement d'offre de proximité. Un médecin, un kinésithérapeute, un espace de coworking sont des signaux forts de normalisation du tissu fonctionnel.

Mixité sociale et fonctionnelle : le vrai enjeu du renouvellement urbain Les Aubiers

Un quartier à 100 % social, c'est un quartier fragilisé structurellement. Il n'a pas la diversité de ressources, de profils et de dynamiques qui irriguent les secteurs mixtes. Le PRU adresse ce point de front.

Les 118 logements Kauffman & Broad avenue Laroque représentent cette ambition. Accession libre à partir de 185 725 €, ils attirent des profils que le quartier ne voyait pas avant. Pour les primo-accédants, c'est une fenêtre avant la revalorisation complète. Pour les investisseurs, c'est l'opportunité classique : se positionner sur un secteur en mutation, porté par des investissements publics massifs, avant que le marché ne valorise pleinement.

Le marché du neuf à Bordeaux reste structurellement élevé. Le PRU des Aubiers crée une fenêtre d'accès différente : pas un bargain exceptionnel, mais une logique de positionnement stratégique sur un quartier en phase opérationnelle de transformation.

Calendrier jusqu'en 2030 : ce qui reste à faire

2021-2022 : Lancement officiel du PRU. Phase opérationnelle entrée en 2022, amplifiée en 2023. Démarrage des démolitions partielles et des premières réhabilitations Aquitanis. Mise en service de la chaufferie biomasse (octobre 2021).

2022-2023 : Livraison du gymnase Aubiers-Ginko. Requalification de la grande Prairie. Début de la construction Kauffman & Broad avenue Laroque et du groupe scolaire Louise Michel.

2024-2025 : Livraison du groupe scolaire Louise Michel (avril 2024) . Vote d'une enveloppe complémentaire de 35 millions d'euros pour les enjeux de sécurité. Démolition du groupe scolaire Jean Monnet lancée (janvier 2025). Inauguration du dojo solidaire Cathy Arnaud (juin 2025). Poursuite des réhabilitations Aquitanis.

2025-2027 : Réalisation de la Maison des solidarités. Finition des restructurations résidentielles. Création de locaux commerciaux et d'espaces de santé en pied d'immeuble. Aménagement complémentaire de la rue des Genêts et des espaces publics.

2027-2030 : Clôture opérationnelle du PRU prévue en 2030. Finalisations des espaces paysagers.

Au-delà de 2030 : l'enjeu réel

Le PRU des Aubiers–Le Lac ne ressemble pas à un lifting de façades. C'est un pari sur la capacité d'un quartier à sortir de la spirale de la mono-fonctionnalité et de l'isolement urbain.

À l'échelle de Bordeaux Métropole, il s'inscrit dans une logique de rééquilibrage territorial : Euratlantique au sud, les Bassins à Flot à l'ouest, les grands projets qui structurent la ville. Le nord avait pris du retard. Le PRU redessine cette équation.

Mais le succès dépendra de facteurs qui ne se décrètent pas dans une convention ANRU : la vitesse à laquelle les commerces de proximité viendront s'installer, la capacité du quartier à attirer des ménages venus d'ailleurs, la qualité de la gestion urbaine quotidienne une fois les chantiers terminés. C'est souvent après la fin des travaux que les projets de renouvellement urbain révèlent vraiment leur réussite ou leurs limites.

Ce qu'on peut affirmer : les conditions matérielles sont réunies. L'investissement public est massif, les partenaires sont mobilisés, le calendrier tient. Pour les familles qui hésitent sur le secteur, pour les investisseurs qui étudient le marché immobilier bordelais, pour tous ceux qui envisagent le nord de Bordeaux : les Aubiers méritent une visite en 2026. En 2030, le quartier ne sera plus tout à fait le même.

Sources et documents de référence

Ville de Bordeaux – Renouvellement urbain Les Aubiers–Le Lac

Alterea – Conception-réalisation, réhabilitation et résidentialisation de la Résidence des Aubiers (299 logements, 7 bâtiments, 17,7 M€ HT)

Bordeaux Métropole – Carte du PRU Aubiers–Lac, juin 2025

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