Les architectes de Bordeaux : de l’haussmannien à la Cité du Vin

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Publié le 14 avril 2021 par

Caroline Tison Avatar de l'auteur "Caroline Tison"

SOMMAIRE

Si l’immobilier neuf à Bordeaux est en plein essor ces derniers temps, avec notamment la construction du quartier d’affaires Euratlantique, l’architecture de la ville reste encore marquée par le style haussmannien, mais aussi par les fameuses échoppes bordelaises.

La Cité du Vin, le parking Victor Hugo ou encore la résidence Arc-en-Ciel détonnent de l’architecture bordelaise classique et apportent une touche de modernité parmi les murs rappelant Paris.

Le baron Haussmann, de Paris à Bordeaux

L’architecture de Paris souvent qualifiée de « haussmannienne », faisant référence à l’architecte Georges-Eugène Haussmann. Ce dernier est réputé pour être à l’origine des larges avenues et boulevards de Paris : de grands axes rectilignes encadrés de bâtiments à la pierre blonde arborant une même structure.

Les immeubles haussmanniens respectent des codes bien spécifiques : ne jamais dépasser les 6 étages, d’une hauteur de 12 à 20 mètres, proportionnels à la voirie, en pierre de taille.

Le rez-de-chaussée des immeubles haussmanniens est réservé aux commerces, avec un premier étage dénommé « entresol » servant au logement des commerçants ou au stockage des marchandises.

Curieusement, le 2è étage est réservé aux personnes dites « riches ». À l’époque, l’ascenseur n’existant pas encore, les habitants bien dotés vivaient donc dans les étages les plus bas, afin de s’éviter la montée interminable des escaliers. Balcons et encadrements de fenêtres caractérisent ce niveau.

Les 3è et 4è étages sont destinés à être « moins riches » et plus classiques, avec éventuellement des balcons individuels commençant à apparaître sur la fin de la période haussmannienne.

Le 5è étage est dédié aux habitants à la classe sociale modeste, voire basse, avec toutefois un balcon filant, dans l’unique but de conserver une certaine esthétique architecturale. Quant au dernier étage, il servait aux appartements de services ou de combles.

Dans le style haussmannien, plus on monte dans les étages, et plus les classes sociales sont pauvres.

Les décorations sont de plus en plus sobres et les hauteurs de plafonds plus basses qu’au rez-de-chaussée et au 2è étage.

À noter qu’au sein des immeubles de « grande bourgeoisie » les commerces sont totalement absents des rez-de-chaussées.

architecte bordeaux - vue sur des façades d'immeubles haussmannien à Bordeaux
© Pascale Gueret - Shutterstock

À Bordeaux, on retrouve dans le centre le style haussmannien de Paris, notamment sur la place Pey-Berland. Le baron Haussmann s’est chargé, dans les années 1850, du dégagement de la place, mais également du percement de la rue Vital-Carles, ainsi que du cours Alsace-Lorraine.

Toutefois, son influence ne se fera ressentir qu’après son départ de Bordeaux, lorsqu’il fut appelé auprès de l’Empereur Napoléon III.

Le baron Haussmann et son amour pour Bordeaux

Haussmann était un élu de la région bordelaise : sous-préfet de Blaye, puis préfet de la Gironde, il s’est notamment uni avec une jeune femme issue de la culture viticole à Cestas. Propriétaire du château de Rouillac à Canéjan, il n’aura de cesse d’aller et venir entre Paris et Bordeaux.

L’architecture de Bordeaux s’est essentiellement « haussmannisée » à partir de la fin du XIXè siècle, et ce, jusqu’en 1914. Si les façades haussmanniennes sont parfaitement alignées dans les premières années du XXè, avec un style répétitif, voire austère, la période suivante autorise plus de fantaisie avec un assouplissement des règles d’urbanisme : loggias, balcons, saillies et retraits en façade, construction de combles, décorations, dômes sommitaux ou encore semi-rotondes.

L’haussmannien ne va plus être réservé aux immeubles de logement, mais également aux grands édifices publics tels que les hôtels de ville et les mairies, en témoigne, par exemple, la place de la Bourse à Bordeaux, faisant face aux quais de la Garonne.

architecte bordeaux – la place Pey-Berland à Bordeaux
© Pascale Gueret - Shutterstock

Les échoppes bordelaises : du simple au double

Bordeaux est réputée pour être une « ville basse » où les rayons du soleil rasent les pavés du centre-ville. Toujours étonnés, les Parisiens s’exclament régulièrement « on voit la lumière du soleil chez vous ! ». Et pour cause, Bordeaux arbore des bâtiments de faibles hauteurs, là où Paris a tendance à se développer en gratte-ciel. Ville lumineuse par ses pierres blondes, Bordeaux est renommée pour un type de logement bien à elle : les échoppes.

Les échoppes, selon Chantal Callais et Thierry Jeanmonod, sont « étroitement liées aux transformations économiques qui ont émaillé l’histoire de la ville ».

Pour reprendre l’analyse des deux maîtres de conférence officiant à l’École Nationale d’Architecture de Bordeaux, la capitale girondine a connu au XIXè siècle un tournant majeur dans son économie. Passant d’une économie tournée vers la viticulture à une économie industrielle classique, ajouté à cela la crise phylloxérique touchant les vignes, Bordeaux a connu un certain exode rural. Les ouvriers des vignes vivant en périphérie, ont été contraints d’investir le centre-ville bordelais où se trouvaient ici les usines.

Ce déplacement de population a entraîné une pénurie de logement drastique au sein de la ville, la population bordelaise doublant de 1850 à 1900. À cette époque, Bordeaux ne manquait pas de terrains à bâtir.

C’est ainsi que les propriétaires du Port de la Lune ont profité de cet exode pour racheter les terrains et les revendre à la découpe : en achetant l’hectare pour revendre au mètre, les bénéfices des spéculateurs ont été plus qu’intéressants.

Les nouveaux propriétaires, issus de la campagne et habitués aux maisons sur un seul niveau avec jardin, ont donc investi les terrains en construisant des maisons individuelles.

architecte bordeaux – une échoppe double typique de Bordeaux
Symac, CC BY-SA 3.0 , via Wikimedia Commons

Architecture de l’échoppe

L’échoppe est une habitation d’une seule pièce, la chambre, avec une toiture à une seule pente en tuiles. Deux types d’échoppes se détachent du paysage urbain de Bordeaux :

La « ville aux mille échoppes » arbore fièrement ces petites maisons de plain-pied, développée en profondeur, avec une cave le plus souvent. En pierre de taille calcaire, les échoppes s’accompagnent aussi d’un jardin en contrebas.

Aujourd’hui, de nombreuses échoppes sont réhabilitées et rénovées au sein de Bordeaux. Remises au goût du jour et aux dernières normes de construction, ce sont les intérieurs des échoppes qui bénéficient de transformations, le but étant de préserver les façades et l’architecture du bâti, propres à l’identité bordelaise. Plusieurs cabinets d’architectes sont spécialisés dans la rénovation d’échoppes bordelaises, notamment Agnès Malka/Barokel. Experte de la rénovation de ce type de bâti, elle conseille également sur l’agencement et l’aménagement.

Dans leur rénovation, les échoppes bénéficient la plupart du temps d’une surélévation, afin d’augmenter la surface habitable et les volumes.

À l’origine, les échoppes bordelaises étaient des habitations investies par la population ouvrière. Aujourd’hui, elles sont devenues très prisées des acquéreurs.

Où trouver des échoppes à Bordeaux ?

Les échoppes sont majoritaires au sein des quartiers de Nansouty, Saint-Augustin et Caudéran. En périphérie, on en trouve autour de Bègles, Talence et Le Bouscat.

Les architectes contemporains à Bordeaux

Bien que Bordeaux soit plébiscitée pour son architecture à l’allure de « petit Paris » et pour ses échoppes, il n’en reste pas moins que la métropole se modernise. Les murs de Bordeaux se transforment et tendent vers le neuf, le moderne et l’écologie.

En témoigne de nombreuses nouvelles résidences au style contemporain, mais aussi des édifices tranchant avec les pierres blondes comme le pont Jacques Chaban-Delmas, ou encore la célèbre Cité du Vin.

Bernard Bühler et sa résidence Arc-en-Ciel

Ce qu’on peut dire, c’est qu’elle ne manque pas d’attirer l’œil ! Elle en aura fait tourner des têtes, la résidence Arc-en-Ciel de l’architecte Bernard Bühler.

Au 127 avenue Émile Counord, trône fièrement cet immeuble à la fois bétonné et multicolore, cylindrique tout en présentant des box-terrasses rectangulaires. Conçu en 2010, ce bâtiment contemporain se situe à l’entrée du quartier Grand Parc. Son sous-sol a été aménagé en parking, le 1er étage est réservé aux bureaux et les niveaux supérieurs sont destinés aux habitations.

Fiche de la résidence Arc-en-Ciel

  • 40 logements
  • 772 m² de bureaux
  • 29 places de parking
  • Conçu selon la RT2005
  • Coût des travaux : 4 300 000 € HT
  • Maître d’ouvrage : InCité
  • Architecte : Bernard Bühler

En 2010, dans la catégorie « logements collectifs », la résidence Arc-en-Ciel a reçu le prix Agora pour son esthétique colorée et sa mixité programmatique.

Bernard Bühler est un architecte français, né dans le Lot-et-Garonne à Laparade. Ayant passé son enfance à Bordeaux, quai des Chartrons, il reste attaché à la ville et a conçu plusieurs programmes de 1985 à aujourd’hui, dont la tour In Nova.

Le Musée Mer Marine d’Olivier Brochet et Norbert Fradin

Sur le site des Bassins à Flot, le Musée Mer Marine expose ses 13 000 m², dont 3 000 sont dédiés aux jardins suspendus. Conçu par Norbert Fradin, promoteur immobilier à Bordeaux , et par l’architecte Olivier Brochet, le musée comporte un aquarium géant numérique situé sur la rive droite. L’ouvrage « 20 000 lieues sous les mers » de Jules Vernes sera également exposé comme pièce maîtresse du musée.

Olivier Brochet est né à Talence, commune périphérique de Bordeaux. Il est notamment connu pour participer à la construction du siège de Technowest sur le site Aéroparc à Mérignac, en collaboration avec le promoteur Quartus.

« Le modèle qui m’a servi, c'est un airial, avec sa maison mère et des dépendances. Le projet est composé de deux bâtiments : la maison mère autour du patio avec sa terrasse jardin qui permet d’aller habiter jusqu’aux toits, et d’offrir à tous les intervenants une possibilité d’évoluer et d’échanger, et puis en intervalles des stationnements. Et il y a la petite sœur du bâtiment principal, qui est Lulu. Bref, ce n’est pas un bâtiment monolithique. »

Olivier Brochet, architecte

Olivier Brochet a également travaillé sur l’architecture de plusieurs autres musées, comme le Musée de l’Orangerie, ou encore le Musée de l’Homme.

Passionné par la mer, Norbert Fradin a accompagné Olivier Brochet dans la conception du MMM. 10 000 objets liés à la marine sont entreposés dans ce sanctuaire : maquettes, bateaux, cartes et atlas, instruments de navigation.

Cubique, le Musée Mer Marine se pare de façades blanches percées d’alcôves rappelant le corail. 89, rue des Étrangers, l’édifice se tient fièrement sur ses deux niveaux, ses grandes baies vitrées laissant passer la lumière et mettant en exergue les 6 000 m² de salles d’exposition.

La Cité du Vin d’Anouk Legendre et Nicolas Desmazières

Devenue un emblème moderne de Bordeaux, la Cité du Vin resplendit face au pont Jacques Chaban-Delmas. Conçue par le cabinet d’architectes XTU d’Anouk Legendre et Nicolas Desmazières, la Cité du Vin fait elle aussi partie du quartier des Bassins à Flot, tout près des halles de Bacalan. Au nord de Bordeaux, ce musée, dédié à la culture viticole propre à la région, s’élance en bord de Garonne. Sa construction a nécessité 3 ans de travaux avant son inauguration fin mai 2016.

Fiche de la Cité du Vin

  • 55 mètres de hauteur, 85 mètres de largeur et 14 000 m²
  • 1 000 tonnes d’acier
  • Une ossature béton de 9 000 m3
  • 4 000 m² de panneaux contreplaqués taillés sur-mesure
  • 300 pieux de 50 à 120 cm de diamètre dans la roche dure jusqu’à 30 m de profondeur pour les fondations
  • Une ossature bois composée de 574 arcs et 128 épines bois lamellé collé tous de formes différentes
  • Vêture vitrée de 2235 m²
  • Vêture composite de 2500 panneaux de formes et dimensions différentes

Le cabinet d’architecte XTU, implanté à Paris, a été créé en 2000. De renommée internationale, les deux experts se sont aussi chargés de concevoir le Pavillon France de l’Exposition Universelle de Milan en 2015, pour lequel ils ont reçu le Prix de l’Architecture.

architecte bordeaux – la Cité du Vin à Bordeaux
© Elena Pominova - Shutterstock

Intégrée à l’écoquartier des Bassins à Flot, la Cité du Vin a été pensée dans une démarche écoresponsable, avec un impact environnemental le plus faible possible. Sa conception bioclimatique engendre une aération optimale avec un gain de 5 degrés de sensation de fraîcheur en été, permettant ainsi de limiter l’utilisation de la climatisation.

"Ce bâtiment ne ressemble à aucune forme connue parce qu'il se veut une évocation de l’âme du vin, entre le fleuve et la ville." Geste architectural fort, La Cité du Vin marque par sa forme et ses courbes audacieuses. Edifice emblématique, elle abrite dans cet écrin doré une Cité dans la cité, un lieu de vie et d’expériences à parcourir. L’intention de départ pour l’architecture du bâtiment était véritablement de créer un lien entre La Cité du Vin et les espaces qui l’entourent à travers un mouvement perpétuel. Les architectes de l’agence XTU ont imaginé un lieu empreint de symboles identitaires : cep noueux de la vigne, vin qui tourne dans le verre, remous de la Garonne. Chaque détail de l’architecture évoque l’âme du vin et l’élément liquide : « une rondeur sans couture, immatérielle et sensuelle"

Agence XTU

Euratlantique, Ginko, la Bastide, ces nouveaux quartiers modernes

Parmi les quartiers de Bordeaux, certains détonnent par leur modernisme. Tel est le cas pour Ginko, Bastide ou encore Euratlantique.

Projet reconnu d’intérêt national, Euratlantique sera le futur quartier d’affaires de Bordeaux. À proximité de la gare Saint-Jean, il rassemblera logements, bureaux et commerces. Au-delà de ces 15 000 logements neufs, Euratlantique accueille 450 000 m² de bureaux, des hôtels, des établissements de santé, des commerces et des écoles. Piloté par Philippe Courtois, directeur général de l’EPA de Bordeaux Euratlantique, le projet est pharaonique.

Plusieurs cabinets d’architectes se concentrent sur ce programme d’envergure. L’agence Laisné Roussel (devenue DREAM), conjointement avec le promoteur Pichet, s’est lancé dans une construction bois des plus étonnantes. Deux bâtiments forment le projet architectural : un immeuble de bureaux nommé « Perspective » à l’ossature bois impressionnante et à l’ambition BEPOS, et le programme immobilier « Résiden’ciel » avec, lui, une structure métallique.

BEPOS : Bâtiment à Énergie Positive. Ce type de construction produit plus d’énergie qu’elle n’en consomme.

Pour ce qui est de Garonne-Eiffel, plusieurs architectes et promoteurs se succèdent, dont Taillandier et LP Promotion.

Au sein du quartier Ginko, nous retrouvons Olivier Brochet, accompagné de Christian Devillers. Cet écoquartier à l’architecture moderne se veut être un projet exemplaire en matière environnementale et architecturale, avec une qualité paysagère remarquable. En partenariat avec Bouygues Immobilier, les 27 hectares ont été investis par de nombreux logements neufs.

Dans le quartier de la Bastide, parmi les programmes immobiliers neufs construits récemment, se trouve la caserne des pompiers de La Benauge démolie en 1945 et reconstruite dans les années 1950. Inspiré par le quartier Belo Horizonte au Brésil, l’architecte Claude Ferret souhaitait aussi retrouver les couleurs de Royan avec du rouge et du jaune citron. La caserne est, depuis 2014, inscrite aux Monuments Historiques et labellisée « Patrimoine du XXè siècle.

Alain Juppé, bâtisseur et rénovateur de Bordeaux

Avec Alain Juppé aux commandes, nous sommes passés à Bordeaux de « La Belle Endormie » à « La Perle de l’Aquitaine » en quelques années. Maire bâtisseur, mais aussi rénovateur, il a véritablement transformé la ville de Bordeaux en la façonnant tel un diamant brut devenu Émeraude.

Maire de Bordeaux de 1995 à 2019, avec un aparté de 2004 à 2006, Alain Juppé n’a eu de cesse de vouloir embellir la ville de Bordeaux et de la rendre dynamique.

Il est à l’initiative de la rénovation des hangars et des quais notamment avec des ravalements de façades et l’investissement des fameux hangars par les commerces et restaurants en bord de Garonne.

A. Juppé met en place le tramway et limite la circulation automobile avec l’augmentation des rues piétonnes. Les modes de déplacements doux, comme le vélo, sont désormais privilégiés.

Les actions de l’ancien maire de Bordeaux ont donné lieu en 2007 au classement du centre-ville au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. En 2017, suite à ce classement, le nombre de touristes atteint les 7 millions, faisant de Bordeaux la ville la plus attractive du monde selon le Lonely Planet.

Inauguré en 2013, le pont Jacques Chaban-Delmas porte le nom du prédécesseur d’Alain Juppé et fait également partie des constructions initiées par celui-ci, à l’instar des logements des Bassins à Flot, ou encore du stade Matmut Atlantique dont les travaux ont débuté en 2013 pour s’achever en mai 2015 par son inauguration.

C’est également à Alain Juppé que l’on doit la Cité du Vin, précédemment citée, ainsi que la MECA : la Maison de l’économie créative et de la culture de la Région Nouvelle-Aquitaine.

Rive droite, nous devons aussi à ce maire la réfection du quai de Queyries, le jardin botanique et l’Arkéa Arena à Floirac.

architecte bordeaux – la MECA à Bordeaux
© JeanLucIchard - Shutterstock

En 1997, le Conseil municipal vote l’obligation de ravalement des façades tous les 10 ans pour les propriétaires. Si la mairie subventionne les travaux à hauteur de 10 %, la mesure n’est pas du goût de tout le monde puisque les coûts engagés sont conséquents pour les particuliers. Toutefois, si refus il y avait, les travaux auraient été effectué d’office à la suite d’une procédure judiciaire et d’une amende.

la première phase du ravalement a concerné les façades des quais, puis celles des immeubles du quartier du jardin public ainsi que quelques voies aux abords du tramway.

Si la mesure a été jugée contraignante, elle a aussi été bénéfique pour la ville de Bordeaux retrouvant ses pierres de taille claires, et attirant de nouveaux habitants. En effet, suite à ces ravalements de façades, peu d’appartements sur les quais restent vacants.

Les ravalements des façades ont accompagné en parallèle la réhabilitation de Bordeaux initiée par Alain Juppé dès le début de son premier mandat.

Le Miroir d’Eau

Comment aborder l’architecture de Bordeaux et ses bâtisseurs, sans parler du célèbre Miroir d’Eau ?

En service depuis 2006, le Miroir d’Eau a valu à la place de la Bourse une 4è place dans le Top 10 des plus belles places publiques du monde.

Trois concepteurs se reflètent dans cette réalisation :

Michel Corajoud s’est inspiré de la place Saint-Marc recouverte d’eau à Venise lors de l’acqua alta. Dans cette surface d’eau se reflètent des jeux de lumière et d’ombres des façades du XVIIIè siècle de la place anciennement nommée Place Royale.

Par ailleurs, cette place a été bâtie de 1730 à 1755, sous l’égide des architectes Jacques Gabriel et son fils Anges-Jacques Gabriel.

Suite à la nomination de la place de la Bourse comme étant l’une des plus belles places du monde, les villes de Montpellier, Paris, Nice et Nantes ont emprunté le même chemin et ont suivi l’exemple en ayant, elles aussi, leur propre miroir d’eau.

architecte bordeaux – vue aérienne du miroir d'eau à Bordeaux
© SpiritProd33 - Shutterstock

La ville de Bordeaux regorge d’édifices aux architectures participant à sa renommée : les allées de Tourny, l’opéra national de Bordeaux – Grand Théâtre situé place de la Comédie, et les nombreuses structures religieuses, dont l’église Sainte-Croix, la basilique Saint-Seurin ou encore la cathédrale Saint-André.

De nombreux architectes ont contribué aux murs de Bordeaux, et les bâtisseurs d’aujourd’hui font perdurer ce patrimoine immobilier en constante évolution. Tout en préservant cet héritage, Bordeaux révolutionne avec panache ses murs, ses charpentes et ses maçonneries.

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