Tendances de l'immobilier à Bordeaux

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le 26 mai 2020

SOMMAIRE

Si les prix des programmes immobiliers neufs à Bordeaux ont connu une très forte augmentation en 2018 puis en 2019, cette hausse semble ralentir et tendre vers une stabilisation des tarifs au mètre carré, comme l’indique la Chambre de Notaires de la Gironde.

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Des prix qui ne s’emballent plus

Une envolée des prix depuis 2015

Selon les chiffres publiés par la Chambre des Notaires de Gironde, l’envolée des prix sur le marché immobilier bordelais serait sur le point de prendre fin. Depuis 2015, en effet, les prix au mètre carré avaient connu une hausse fulgurante, jusqu’à faire de la capitale girondine l’une des villes les plus chères de France. En cause : l’arrivée d’une importante clientèle francilienne sur le marché, avec la construction de la LGV Paris-Bordeaux. En 2018, les prix avaient ainsi augmenté de 17 %. À 4.280 € le mètre carré, la Belle Endormie se classe d’ailleurs deuxième ville la plus chère de Province, juste derrière Lyon (4.300 € le mètre carré).

Aujourd’hui en revanche, cette population venue d’Île de France représente à peine 10 % des acheteurs sur la métropole bordelaise. Comme l’analyse Maître Sébastien Cetre, notaire à Bordeaux :

«Les industries aéronautiques qui les emploient les font encore venir, mais ils sont avertis à présent et ne font plus augmenter les prix comme par le passé».Maître Sébastien Cetre, notaire à Bordeaux.

Malgré une relative stabilisation des prix en 2020, ceux-ci demeurent tout de même légèrement en hausse.

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Une augmentation plus contenue en 2020

Il semble que l’augmentation des prix soit directement liée à la tension du marché immobilier bordelais. Comme l’explique Me Sébastien Cetre, en observant les transactions rapportées pour 2019 :

«Cela augmente mais de façon plus mesurée, avec juste des épiphénomènes de rattrapage, de correction mais globalement on est sur une augmentation plus raisonnable. On se rend compte avec le recul qu’on n’était pas sur une bulle, mais sur un vrai phénomène d’offres et de demandes, c’est-à-dire qu’il y a beaucoup plus de demandes à Bordeaux qu’il n’y a d’offres.» Maître Sébastien Cetre, notaire à Bordeaux.

En 2019, l’augmentation des prix avaient ainsi déjà commencé à ralentir, avec une hausse observée de 7 % sur les biens immobiliers neufs et de seulement 1,4 % sur les appartements anciens.

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Si l’augmentation devrait rester stable dans les années à venir, il n’est pas impossible que l’on assiste de nouveau à des hausses de prix ponctuelles, notamment à l’occasion de la mise sur le marché de projets immobiliers tout juste sortis de terre. Un effet de «ruissellement» pourrait également être observé sur plusieurs communes de la métropole. À Lormont, Pessac et Mérignac, où les prix demeuraient jusque-là abordables (prix médians inférieurs à 3.000 € /m², soit 25 % moins cher qu’à Bordeaux), le tarif au mètre carré pourrait ainsi bel et bien augmenter.

Les maisons anciennes suscitent toujours un fort intérêt

De son côté, le prix médian pour les maisons anciennes se situait, en 2019, à 472.000 €, soit une hausse enregistrée de 7,3 %. Comme l’indique Me Cetre :

«Elles plaisent toujours et ce sont des biens de plus en plus rares, ce qui crée une augmentation des prix». Maître Cetre, notaire à Bordeaux.

Là encore, la loi de l’offre et de la demande module le marché.

En moyenne, une maison achetée sur Bordeaux est gardée 5 ans par ses propriétaires, avant d’être revendue rénovée, souvent à un prix plus élevé. Parmi ces maisons, certaines sont divisées en plusieurs appartements, accentuant le phénomène de raréfaction. D’autant plus que l’intérêt pour les maisons individuelles ne diminue pas. Pour Me Joël Moreau : «Il n’y a pas de baisse de prix» et l’on n’observe «aucun ralentissement sur ce marché». À l’échelle du département, on observe une augmentation de 5,2 % pour ce type de bien, avec un prix de vente médian de 256.000 €.

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Quid des autres métropoles françaises ?

Dans la capitale française, les tarifs ont atteint un niveau record dans 14 arrondissements différents, avec plus de 10.000 € le mètre carré. Cependant, il semblerait que cette augmentation ralentisse : la hausse était de +6,6 % en 2018, contre +5,7 % en 2019.

En raison d’une demande de plus en plus soutenue, de nombreuses villes de la région Grand Ouest voient quant à elles leurs prix augmenter. C’est par exemple le cas de Nantes, Rennes, Brest, mais aussi Angers et Saint-Nazaire.

Du côté de Lille, face à des prix toujours plus chers dans le centre, les acheteurs préfèrent se tourner vers la périphérie et ses communes qui affichent des prix au mètre carré plus attrayants. Cette baisse de la demande dans la capitale des Hauts-de-France entraîne donc, comme à Bordeaux, un ralentissement de la hausse des prix.

Ce n’est cependant pas le cas à Lyon. Si une forte demande s’observe sur la périphérie, et notamment à Villeurbanne (où les prix ont augmenté de 13,5 %), cela ne ralentit pas la hausse des prix dans la Ville Lumière, où l’on observe une augmentation de 9,1 %.

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