Fiscalité à Bordeaux

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SOMMAIRE

Lorsqu'on envisage de s’installer dans une ville, il est important de s’intéresser aux politiques publiques en matière de fiscalité locale.

Si les contribuables sont régulièrement soumis à diverses taxes et impôts, plusieurs aides peuvent également leur être proposées et venir en soutien à leurs projets de vie : réductions fiscales et crédits constituent plusieurs appuis financiers déjà bien connus. Mais Bordeaux se démarque des autres grandes villes françaises par un dispositif de mécénat permettant une réduction d'impôt pour les particuliers et les entreprises.

Suppression de la taxe d’habitation pour les résidences principales

En novembre 2017, le Président Emmanuel Macron avait annoncé son intention de supprimer la taxe d'habitation. Cette réforme a été mise en œuvre progressivement à partir de 2018, avec une exonération totale pour 80 % des foyers fiscaux dès 2020. Pour les 20 % restants, la suppression complète est intervenue le 1ᵉʳ janvier 2023.

Toutefois, cette suppression concerne uniquement les résidences principales. La taxe d'habitation sur les résidences secondaires (THRS) demeure applicable aux logements meublés non affectés à l'habitation principale. Quant aux logements vacants, ils sont assujettis à une taxe spécifique distincte de la taxe d'habitation (voir plus bas).

Certaines communes situées en zones tendues peuvent majorer la taxe d'habitation sur les résidences secondaires jusqu'à 60 % pour inciter les propriétaires à remettre leurs biens sur le marché.

C'est le cas de Bordeaux dont le Conseil Municipal a instauré une majoration de 60 % de la taxe d'habitation sur les résidences secondaires, le 13 juillet 2021. Cette majoration a été reconduite par la nouvelle municipalité issue des élections de mars 2026, lors du Conseil municipal du 28 avril 2026.

En Gironde, la commune d'Arcachon a également délibéré en 2023 pour appliquer cette majoration à compter de 2024.

I. – La taxe d'habitation sur les résidences secondaires est due pour tous les locaux meublés conformément à leur destination d'habitation autre qu'à titre principal, y compris lorsqu'ils sont imposables à la cotisation foncière des entreprises. Toutefois, les locaux mentionnés au premier alinéa ne sont pas soumis à cette taxe lorsqu'ils font l'objet d'un usage exclusivement professionnel.

Extrait de l'article 1407 du Code général des impôts, modifié par la loi n° 2026-103 du 19 février 2026 - art. 55 (V)

En Gironde et à Bordeaux

En 2026, à Bordeaux, la taxe d'habitation reste applicable aux résidences secondaires, tandis que les résidences principales en sont exonérées depuis janvier 2023. Le taux communal appliqué aux résidences secondaires est fixé à 24,13 %.

Ce taux, gelé par le Conseil municipal du 28 avril 2026, est inchangé par rapport à 2025. Le Conseil municipal a également confirmé l'application d'une majoration de 60 % sur cette taxe pour encourager les propriétaires à remettre ces logements sur le marché locatif.

Concernant les logements vacants, Bordeaux étant située en zone tendue, ce sont les règles de la taxe annuelle sur les logements vacants (TLV) qui s'appliquent dès la première année d'inoccupation : 17 % de la valeur locative cadastrale la première année, puis 34 % à partir de la deuxième année consécutive de vacance. Le produit de cette taxe est actuellement versé à l'Agence nationale de l'habitat (Anah).

À noter : la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103 du 19 février 2026, article 108) crée une nouvelle taxe unique, la TVLH (Taxe sur la Vacance des Locaux d'Habitation), qui se substituera à la TLV et à la THLV à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Codifiée à l'article 1406 bis du Code général des impôts, elle conservera les mêmes taux de base (17 % puis 34 % en zone tendue) mais ouvrira aux communes la possibilité de les majorer jusqu'à 30 % la première année d'imposition et 60 % les années suivantes. À la différence de la TLV, son produit sera versé aux communes.

Ces dispositions ont pour objectif de fluidifier le marché immobilier dans un contexte de forte tension locative à Bordeaux.

Comment Bordeaux compense la fin de la taxe d’habitation ?

Depuis la suppression complète de la taxe d'habitation sur les résidences principales en 2023, la Ville de Bordeaux a dû trouver des solutions pour compenser cette importante perte de recettes fiscales.

Pour pallier ce manque à gagner, la ville perçoit désormais la part départementale de la taxe foncière sur les propriétés bâties (TFPB). Afin de garantir un équilibre budgétaire, un coefficient correcteur a été mis en place.

Pour l'année 2026, le taux communal de la TFPB a été gelé à 48,48 %, conformément au vote du Conseil municipal du 28 avril 2026. Le budget primitif 2026 de la Ville de Bordeaux, adopté le 16 décembre 2025, s'élève à 636 M€ en opérations réelles, dont 356,3 M€ proviennent de la fiscalité locale.

Par ailleurs, la taxe d'habitation continue de s'appliquer sur les résidences secondaires et autres logements non affectés à l'habitation principale. Le taux pour ces biens est maintenu à 24,13 % en 2026, avec une majoration de 60 % en zone tendue.

Bordeaux Métropole dispose également d’autres leviers fiscaux, notamment via la Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), dont le taux est de 35,06 % en 2025 (taux 2024 reconduit, taux 2026 voté lors du Conseil métropolitain du 30 janvier 2026). Le budget primitif 2026 de Bordeaux Métropole s'élève à 2,245 milliards d'euros, dans un contexte de réduction des dotations de l'État estimée à -67 M€ cumulés sur 2025-2026. Bordeaux Métropole continue par ailleurs de mobiliser la taxe GEMAPI (Gestion des Milieux Aquatiques et Prévention des Inondations) pour financer la prévention des risques d'inondation.

La taxe foncière à Bordeaux

Ces dernières années, Bordeaux a vu sa fiscalité locale évoluer avec une augmentation significative de la taxe foncière, principalement marquée par la hausse de 4,5 % du taux municipal votée en 2023 pour atteindre 48,48 %, ce niveau étant stabilisé depuis.

En 2026, le taux municipal de la taxe foncière sur les propriétés bâties est maintenu à 48,48 %. Ce gel a été l'une des premières mesures votées par la nouvelle équipe municipale lors du Conseil du 28 avril 2026. Cette stabilité du taux n'empêche toutefois pas une légère augmentation mécanique du montant à payer, en raison de la revalorisation nationale des bases locatives cadastrales (+0,8 % en 2026, après +1,7 % en 2025 et +3,9 % en 2024).

Bonne nouvelle cependant pour ceux engagés dans la rénovation énergétique : le Code général des impôts prévoit, sur délibération locale, une exonération partielle ou totale de taxe foncière pouvant aller jusqu'à trois ans pour les logements ayant fait l'objet de travaux d'économies d'énergie, à condition que les dépenses dépassent les 10 000 euros sur une année ou 15 000 euros sur trois ans. L'application effective de cette mesure à Bordeaux est conditionnée à une délibération du Conseil municipal : il convient de se rapprocher de la mairie ou de impots.gouv.fr pour vérifier l'éligibilité de votre logement.

Que prévoit la fiscalité bordelaise en 2026 ?

Pour 2026, la municipalité a fait du gel des taux municipaux un engagement central de son nouveau mandat : la taxe foncière sur les propriétés bâties et non bâties ainsi que la taxe d'habitation sur les résidences secondaires sont maintenues à leur niveau de 2025. Toutefois, avec la revalorisation des valeurs locatives cadastrales de +0,8 % au niveau national, les propriétaires doivent s'attendre à une augmentation mécanique modérée mais réelle de leur avis d'imposition.

Du côté des exonérations destinées aux retraités, les dispositifs nationaux sont reconduits et leurs plafonds revalorisés pour 2026 :

À noter également que ces dispositifs concernent uniquement la résidence principale – conditions détaillées par l’administration fiscale.

Commune TFPB (%) TFPNB (%) TEOM (%)
Bordeaux 48,48 90,01 variable selon zone
Mérignac 46,18 60,65 variable selon zone
Pessac 47,38 53,23 variable selon zone

Taux 2025 (reconduits par les délibérations municipales et métropolitaines pour 2026 : gel voté à Bordeaux le 28 avril 2026, stabilité maintenue à Mérignac depuis 2009 et à Pessac depuis 2014). La TEOM est fixée par Bordeaux Métropole en fonction de la zone et de la fréquence de collecte ; le taux applicable figure sur l'avis de taxe foncière transmis à la fin de l'été.

Une exonération partielle de la taxe foncière est prévue pour les investisseurs sur le marché de l’immobilier neuf.

Le mécénat

Dans l’optique de fédérer des acteurs privés, entreprises, fondations et particuliers, la ville de Bordeaux a mis en place un système de mécénat autour de projets et d’intérêts publics.

Le mécénat a pour objectif de financer la protection, la restauration et la valorisation du patrimoine. Les mécènes profitent d’une réduction d’impôt en contrepartie de leur don.

Le mécénat pour les particuliers

Le taux d’abattement fiscal n’est pas identique selon que le don provient d’une entreprise ou d’un particulier. Dans le cas des particuliers, la réduction d’impôt s’élève à 66 % du don, dans la limite de 20 % du revenu imposable (article 200 du Code général des impôts).

Voici quelques spécificités du mécénat pour les particuliers :

M. Boulier a fait un don généreux de 10 000 € pour la sauvegarde du patrimoine bordelais et l’entretien du Musée des Arts Décoratifs et du Design (MADD).
Du fait de la réduction fiscale de 66 %, inhérente au mécénat des particuliers, le don de M. Boulier ne lui coûte finalement que 3 400 €.

Le mécénat pour les entreprises

En ce qui concerne les entreprises, l’abattement fiscal s'élève à 60 % du don dans la limite du plafond de déductibilité annuel à hauteur de 0,5 % du chiffre d’affaires hors taxes, ou d'un plancher de 20 000 € (article 238 bis du CGI). Pour les versements supérieurs à 2 millions d'euros par exercice, le taux est ramené à 40 % sur la fraction excédentaire. Toutefois, l’excédent d’avantage fiscal peut être reporté sur les 5 exercices comptables suivants.

Les chiffres-clés du mécénat bordelais

Selon le Baromètre Admical 2025 (données fiscales 2023), environ 9 % des entreprises françaises pratiquent activement le mécénat, et le nombre d'entreprises mécènes a dépassé les 172 000 (dont 97 % de TPE et PME), pour un montant total de dons déclarés de 3 milliards d'euros. Entre 2018 et 2023, le nombre d'entreprises déclarant des dons a été multiplié par 1,8 et le montant des dons par 1,4.

Dans ce paysage, la Nouvelle-Aquitaine se démarque par un engagement local particulièrement fort : selon le Baromètre régional du mécénat 2025 publié par Admical et la Fédération nationale des Caisses d'Épargne, les PME y représentent 56,2 % des dons régionaux, un niveau supérieur à la moyenne nationale qui souligne le rôle structurant du tissu économique de proximité.

La Gironde s'inscrit dans cette dynamique territoriale, portée par un maillage dense de PME engagées dans la vie locale. Les domaines les plus soutenus restent traditionnellement la santé, le social, l’éducation, la culture et le patrimoine, ainsi que le sport. Le mécénat financier reste la forme la plus répandue, mais le mécénat de compétences et le mécénat en nature progressent régulièrement.

En 2026, plusieurs projets bordelais structurants mobilisent l'action publique et peuvent bénéficier du soutien du mécénat :

Les politiques publiques à Bordeaux