Un téléphérique prévu à Bordeaux pour 2026 ?

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Avatar de l'auteur "Léonard B." Léonard B.

le 24 novembre 2021

SOMMAIRE

La construction n’est pas faite seulement d’immobilier neuf à Bordeaux, mais aussi d’ouvrages d’art qui franchissent les obstacles pour constituer de nouvelles voies de transport. En plus d’un nouveau pont au nord de la ville, la métropole girondine pourrait bien valider un projet de téléphérique au-dessus de la Garonne, entre la Cité du Vin et Lormont. Une hypothèse sérieusement étudiée par l’intercommunalité et qui pourrait se concrétiser d’ici à 2026.

Téléphérique Bordeaux : une solution clairement envisagée

©Elsemargriet - Pixabay

Faciliter les déplacements

À Bordeaux, l’embouteillage n’est malheureusement pas l’apanage du vin. Or la population de l’agglomération est amenée à grandir fortement, donc il est urgent de trouver des solutions pour fluidifier les axes de transport. Plusieurs alternatives à la voiture sont étudiées dans la métropole girondine : bus à haut niveau de service (BHNS), pistes cyclables, RER métropolitain, métro, etc.

Mais d’autres projets se tournent vers la Garonne, avec l’intention de potentiellement faire traverser le fleuve, et l’idée d’un téléphérique Bordeaux fait nettement son chemin. La ligne « serait créée entre Lormont-Buttinière et Bordeaux-Achard, près de la Cité du Vin », si l’on en croit Alain Anziani, maire de Mérignac et président de Bordeaux Métropole. Cet élu de premier plan plaide en faveur du téléphérique Bordeaux. Relier la rive-droite et la rive-gauche par les airs, cela plaît à beaucoup d’élus de la métropole. Selon un compte rendu datant du 23 octobre 2020, le transport câblé est bel et bien à l’étude dans la grande agglomération girondine.

Le concept du téléphérique Bordeaux

Concernant les informations principales du projet de téléphérique qui serait favorisé :

Les avantages d’un téléphérique Bordeaux

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« Une solution d’intermodalité »

Loin d’offrir une alternative complète aux problèmes de saturation routière, un téléphérique à cet endroit déchargerait la ligne A du tramway en proposant un nouveau moyen de franchir la Garonne. Une alternative d’autant plus intéressante quand on sait que le pont Simone Veil est toujours en travaux et que le pont de Pierre est interdit aux voitures. Par ailleurs, Alain Anziani a confirmé que la métropole allait « doubler le nombre de batcub », ces navettes fluviales qui deviendront « un vrai moyen de transport » entre les deux rives de la Garonne, pour compléter le réseau de transport en commun.

« Le téléphérique, ce n’est pas un moyen de transport qui cherche à concurrencer le tramway ou le métro, c’est plus une solution d’intermodalité, explique Jean Souchal, le PDG de Poma, une entreprise française de transport câblé. (…) Là où le métro, le bus ou le tramway ne peuvent passer, la télécabine est la suite logique du maillage du transport public de masse. »

Le prix en faveur du téléphérique Bordeaux

Le téléphérique est un moyen de transport parmi les moins coûteux, moins que ne le sont le tramway, le métro ou la construction d’un pont. Le maire de Bègles avait imaginé un tracé valant 70 millions d’euros environ, en 2018, qui reliait la gare de Bègles à Bouliac, en passant par l’île d’Arcins. Le projet actuellement évoqué est estimé entre 40 et 50 millions d’euros.

« C’est deux fois moins cher au kilomètre que le tram, avec quasiment aucun impact sur la nature et peu sur le cadre de vie, car le téléphérique traverserait des zones peu habitées », argumente Clément Rossignol-Puech, le maire de Bègles et vice-président de Bordeaux Métropole.

Un transport peu polluant

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Les téléphériques fonctionnent à l’électricité et consomment peu d’énergie. Qui plus est, ils font très peu de bruit, contrairement aux nuisances sonores des autres moyens de transport.

« C'est un produit qui répond vraiment à une attente de la société, un produit éco-respectueux », vante le PDG de Poma.

Une vue magnifique sur Bordeaux

Dans de nombreux endroits, le téléphérique n’est pas seulement un moyen de transport, mais aussi une opportunité de contempler le paysage en s’élevant dans les airs. Comme le dit le président de Bordeaux Métropole, « c’est aussi un outil de tourisme ». Le téléphérique historique de Grenoble, celui de Londres au-dessus de la Tamise ou encore celui de New York au-dessus de l’East River sont en cela de parfaits exemples, car ils offrent des panoramas uniques.

Autre question légitime : les câbles et les cabines d’un téléphérique Bordeaux gâcheraient-ils la vue sur le pont de pierre ? Dans les villes où de tels équipements ont été installés, on constate qu’ils sont très rapidement acceptés par les populations, deviennent emblématiques et font l’objet d’un attachement, même quand d’autres solutions de transport sont proposées.

« C’est ce que j’appelle l’acceptance. Vous savez, le téléphérique inclut la notion du voyage. Imaginez à Bordeaux, être à 20 ou 30 mètres au-dessus de la Garonne, le panorama que vous auriez dans une télécabine », se projette Jean Souchal.

La praticité d’installation d’un téléphérique

En comparaison des chantiers que les autres moyens de transport nécessitent, ceux d’un téléphérique sont plus rapides. Pour installer une télécabine qui enjambe la Garonne, il faudrait compter un à deux ans de travaux grand maximum.

Sur le plan technique, un téléphérique est facilement démontable et ses concepteurs l’adaptent rapidement aux particularités de chaque projet. Le nombre de pylônes et de cabines dépendent de l’exigence du lieu d’implantation et des souhaits des clients.

Des aspects à considérer pour un téléphérique Bordeaux

Une maintenance à prendre en compte

La maintenance d’un téléphérique nécessite son arrêt complet durant trois semaines chaque année. Il faut donc que ses usagers potentiels puissent accepter cet arrêt récurrent. Cette acceptation dépend pour beaucoup de l’itinéraire câblé : une autre raison pour laquelle le choix d’implantation du téléphérique est si important.

Quelles dessertes choisir ?

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Si le tronçon entre Bordeaux et Lormont est nettement évoqué, reste la question d’un passage du téléphérique Bordeaux par Cenon, avec le coût supplémentaire que cela engendrerait.

« Nous voudrions qu’il aille jusqu’à Lormont, mais nous voudrions faire en sorte que les Cenonnais puissent aussi monter, donc il faudra peut-être un pylône supplémentaire du côté de Cenon », a précisé Alain Anziani, le président de Bordeaux Métropole.

Les considérations réglementaires

Une autre grande interrogation doit être levée pour valider le choix d’un transport câblé : ce type d’installation contreviendrait-il à la réglementation de l’Unesco ? Car, en effet, cette organisation internationale protège le patrimoine bordelais. La métropole affirme donc étudier minutieusement « la façon de contourner les zones protégées par l’Unesco, pour faire en sorte qu’il n’y ait pas de conflit ».

D’autres exemples de téléphériques

D’autres villes françaises envisageraient aussi de s’équiper en télécabine, comme Paris, Orléans, Créteil, Ajaccio et Lyon notamment. Des pays comme la Mongolie, la Colombie, l’Algérie et la Russie sont également séduits par ce moyen de transport. Une solution de déplacement en plein essor !

En France

Le projet de téléphérique Bordeaux serait inspiré de celui de Brest qui est opérationnel depuis le 19 novembre 2016. Une autre métropole a déjà franchi le pas : Toulouse. La ville rose va compléter son réseau de transport en commun avec un téléphérique qui surplombera la Garonne et représentera un gain de temps considérable pour de nombreux usagers. Grenoble va également s’y mettre.

©rostichep - Pixabay

« On passe au-dessus de deux autoroutes, d'une voie de chemin de fer et de deux cours d'eau. S'il avait fallu faire un tramway ou des ponts, le chantier aurait été beaucoup plus long et beaucoup plus cher. Ce système de transport câblé, c'est vraiment toute la quintessence de la simplicité à contourner les obstacles », résume Jean Souchal, le PDG de Poma, sur l’appel à projets qu’il a remporté à Grenoble.

À l’international

Une télécabine imposante qui pourrait inspirer le téléphérique à Bordeaux est installé en Russie centrale, à Nijni Novgorod, traversant la fameuse Volga jusqu’à la ville de Bor. Pour survoler le fleuve le plus grand d’Europe, un seul pylône a été nécessaire au milieu du cours d’eau, grâce à des câbles de 900 mètres de long ! La Garonne étant bien moins large, le choix du téléphérique Bordeaux ne nécessiterait pas de pylône à installer dans l’eau.

En bref…

Les élus de Bordeaux Métropole sont nombreux à cautionner l’installation d’un téléphérique, dont leur président Alain Anziani qui s’en est fait le chantre. Le transport câblé traverserait la Garonne de la Cité du vin à Lormont et pourrait passer par Cenon. Les avantages sont nombreux : le prix, la rapidité d’installation, l’adaptabilité, l’intermodalité, l’attractivité et l’empreinte carbone faible. Reste à voir si les questions de maintenance, de dessertes et de réglementations inciteront à concrétiser le projet. D’autres villes sont déjà équipées en téléphérique ou sur le point de l’être.

SOURCES
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