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Le développement durable à Bordeaux

Le développement durable, enjeu mondial, majeur et contemporain, se place en tête des préoccupations des politiques publiques à Bordeaux. Pour la capitale girondine, l'accent est mis sur la réduction de la consommation d'énergie des bâtiments du tertiaire. Mais pas seulement, puisqu'un peu partout sur le territoire de la métropole émergent des actions en faveur de l'écoresponsabilité.

developpement durable bordeaux parc vertParc arboré @ Shutterstock

Le Label Cit’ergie

Le label Cit’ergie, d’envergure européenne, récompense les communes ainsi que les intercommunalités pour leur engagement et la mise en œuvre d’une “politique climatique-air-énergie”. Actuellement, 207 collectivités se sont engagées et briguent l’obtention de ce label, 122 l’ont déjà obtenu.

Bordeaux Métropole se lance dès 2011 dans le challenge Cit’ergie. Elle est la première ville française à atteindre un excellent niveau dès sa première année d’engagement : 63 % de points obtenus parmi les 60 actions que regroupe le catalogue des mesures du label.

Le label Cit’ergie est un outil d’accompagnement méthodologique pour valoriser et faire reconnaître laqualité de la politique climat énergie que nous menons dans nos territoires. Nos efforts sont réels et répondent aux enjeux climatiques de demain. Le processus d’amélioration continue inhérent au label nous conduit à aller encore plus loin pour construire avec l’ensemble des acteurs locaux un territoire résolument tourné vers la transition énergétique" - Alain Juppé, ancien Maire de Bordeaux et ancien Président de Bordeaux Métropole.
jean-yves-le-drianLa Cité du Vin arborée à Bordeaux @ Shutterstock

Citoyens, entreprises, associations, ... Tous et toutes se sont mobilisés pour faire de la “Belle endormie” un endroit plus écoresponsable, mais également pour participer à son rayonnement national et européen à travers le label Cit’ergie. La métropole a su soutenir ces différents acteurs en opérant des ajustements réguliers des moyens déployés pour ses ambitions de transition écologique. En 2019, la capitale girondine a investi massivement dans des opérations de rénovation, de réduction de l’utilisation de la voiture ainsi que de production d’énergies renouvelables.


Bordeaux a entrepris de nombreuses démarches concrètes pour améliorer son impact sur l’environnement.

  • Augmentation de la production d’énergies renouvelables
  • Amélioration de la mobilité décarbonée
  • Rénovation énergétique de l’habitat
  • Préservation de la biodiversité

Ces efforts ont été récompensés la même année par une évaluation de son score lui décernant le label avec 69,7 % de points obtenus. Bordeaux s’inscrit définitivement dans une logique de transformation de ses habitudes énergétiques au profit d’intérêts plus grands qui concernent le climat.

En janvier 2020, Bordeaux organisait les “Assises Européennes de la Transition Climatique” au Palais des Congrès. C’est à cette occasion que le label Cit’ergie fut décerné à la ville, au cours d’une cérémonie de remise des prix.

À terme, l’objectif de Bordeaux Métropole est d’obtenir le label Cit’ergie Gold pour 2023 qui nécessite un score supérieur à 75 %. Pour mener à bien cette ambition, la mesure du degré de réalisation de la politique climatique énergétique bordelaise est réalisée par un organisme neutre et indépendant qui ne représente, par conséquent, aucun conflit d’intérêt.

Les pesticides bannis de la ville

Conscients de la dangerosité des produits polluants, les élus de Bordeaux Métropole, a instauré un cadre législatif qui ordonne des modifications dans la gestion et l’intervention de la ville concernant l’entretien des espaces publics. Ces évolutions touchent aussi bien les parcs, jardins et squares que les trottoirs et les accotements de voiries. Néanmoins, la propreté, la circulation et la sécurité ne sont pas affectés par ces changements d’habitudes.

L’arrêt des pesticides peut être synonyme d’un retour de la nature et d’une végétation spontanée. Cependant, le degré d’intervention de Bordeaux Métropole sur cette végétation est déterminé par l’usage qui est fait du lieu public.

  • La sécurité des usagers est assurée par un fauchage régulier des herbes.
  • Les cheminements piétons sont désherbés par diverses techniques.
  • La végétation est fauchée une à deux fois par an pour les lieux où l’usage est faible.

De cette manière, la biodiversité ainsi que les habitats naturels sont préservés.

Cette interdiction de l’usage des pesticides a obligé les communes à développer des techniques pour maintenir la maîtrise de la flore urbaine. Afin de pallier la suppression des produits phytosanitaires, plusieurs alternatives sont possibles :

  • Désherbage manuel ou mécanique
  • Désherbage thermique
  • Installation de plantes couvre-sol
  • Fleurissement ou plantation des trottoirs

Ces techniques nécessitent un entretien plus long et plus important pour les collectivités. À surface égale, le temps d’entretien est plus élevé sans pesticides. Aussi, des moyens humains ont dû être mobilisés pour mettre en place ces nouveaux procédés d’entretien.

Bordeaux Métropole alloue un budget annuel de plusieurs millions d’euros pour la maintenance et l’entretien des voiries : 21 millions d’euros sont notamment dédiés à la propreté. Ce budget s’est vu augmenté de 11,26 % après une hausse, en 2018, de 18,5 %.

Le cadre législatif français

Dans la logique du “penser global, agir local”, le cadre législatif français interdit, depuis le 1er janvier 2017, l’usage des produits phytosanitaires dans les espaces publics. Cette loi a été étendue aux particuliers le 1er janvier 2019.

“Penser global, agir local.” René Dubos, agronome, biologiste et écologue - lors du premier Sommet de la Terre à Stockholm pour l’environnement durable en 1972.

La promulgation de ces lois fait suite aux études réalisées à propos de l’impact des pesticides sur l’environnement et l’être humain. En effet, ces produits dits “phytosanitaires” sont responsables de nombreux maux, tant sur la faune et la flore que pour le corps humain. Utilisés dans le but de détruire les organismes vivants indésirables, les pesticides n’ont pas la capacité de viser particulièrement une espèce. Par conséquent, les êtres humains constituent des cibles involontaires par le biais d’ingestion, respiration ou contact. Les effets indésirables des pesticides donnent lieu à de nombreuses pathologies :

  • Intoxications
  • Réactions allergiques chez les plus jeunes
  • Troubles neurologiques, cognitifs ou comportementaux
  • Baisse de la fertilité
  • Anomalies de développement fœtal
  • Diverses maladies dont des cancers et des leucémies en particulier

En ce sens, le but de l’interdiction des pesticides est non seulement la préservation de la biodiversité, mais également celle de la santé des Hommes. Cela passe par la protection et la sauvegarde des sols, puisque leur fertilité se trouve altérée sur le long terme par les composés chimiques toxiques qui se retrouvent alors dans l’alimentation. De plus, le risque de contamination des eaux n’est pas exclu et s’est déjà produit à de multiples reprises.

Les jardins partagés

jardin partage bordeauxJardin partagé @ Shutterstock
On entend par jardins partagés les jardins créés ou animés collectivement, ayant pour objet de développer des liens sociaux de proximité par le biais d’activités sociales, culturelles ou éducatives et étant accessibles au public. - Ministère de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie.

Le 1er objectif d’un jardin communautaire est de cultiver le goût du partage. Animés par des groupes d’habitants, les terrains se partagent et se cultivent collectivement. Les personnes participant à ces jardins collectifs peuvent faire partie d’un même immeuble, d’un quartier ou d’une entreprise.

228 jardins collectifs composent la métropole bordelaise :

  • 154 jardins partagés
  • 29 jardins pédagogiques
  • 26 jardins thérapeutiques
  • 19 jardins familiaux

Si les jardins partagés sont à l’initiative des habitants, la ville de Bordeaux les encadre à travers une Charte qui permet de garantir le respect social et environnemental du projet tout en laissant une certaine souplesse d’intervention.

Cette charte comporte deux volets : un volet social et un autre environnemental.

  • Le volet social consiste à associer une grande diversité d’habitants en accordant une attention particulière aux personnes les plus isolées et fragilisées. Cela passe par le fait de mobiliser des structures telles que les centres sociaux et culturels, les Maisons Départementales de la Solidarité et de l’Insertion, les Maisons de Quartier, les associations et clubs seniors ainsi que les bibliothèques de quartier. Mais aussi : Si le jardin ne se trouve pas dans un espace public, il doit être ouvert au moins 3 fois par an au public.

  • Le volet environnemental ordonne de prendre en compte les préconisations liées au développement durable et au jardin écologique à l’instar des méthodes employées dans les parcs et jardins municipaux. Par ailleurs, il dicte l’adhésion à la Charte du jardinier écologique bordelais qui signe les conditions de jardinage respectueux de la santé et de l’environnement.

Cette Charte des jardins partagés observe 3 objectifs sociaux : créer du lien social et culturel et rompre l’isolement ; développer les relations d’entraide et favoriser les rencontres ; susciter les échanges de savoirs et de pratiques.

Par ailleurs, la ville propose un accompagnement du projet à travers un triptyque d’aides :

  • Mise à disposition du terrain
  • Aides à la préparation du terrain
  • Aides à la mise en place et animation du projet

Encourager les entreprises du tertiaire

entreprise tertiaire bordeauxEntreprises et pollution @ Shutterstock

Le secteur du tertiaire est le 3ème consommateur d’énergie sur le sol métropolitain après l’habitat et le transport. Avec les quelques 16 millions de mètres carré qui constituent son parc de bâtiments, il est urgent que le secteur tertiaire s’investisse dans le développement durable.

Afin de favoriser la transition énergétique, Bordeaux Métropole encourage les entreprises du tertiaire à entreprendre des travaux énergétiques pour réduire leur consommation. Aussi, dans le cadre d’un plan d’action pour un territoire durable à haute qualité de vie, une dynamique volontariste a été mise en place par la ville de Bordeaux en collaboration avec les acteurs du tertiaire. Cette dynamique se retranscrit au travers de la Charte métropolitaine Climat-énergie-volet tertiaire de Bordeaux Métropole. Celle-ci atteste de l’engagement des entreprises à réduire leur consommation d’énergie de leurs bâtiments.

Signée par 11 adhérents le 02 juillet 2018, la Charte qui concerne le tertiaire compte désormais 17 entreprises engagées, parmi lesquelles :

  • L’Université de Bordeaux
  • Bordeaux Technowest
  • Enedis
  • EDF
  • Orange
  • La Chambre de Commerce et d’Industrie Bordeaux Gironde
  • Le Casino Barrière de Bordeaux
  • Bordeaux Métropole

La Charte est à destination de tous les organismes qui souhaitent s’engager dans ce processus environnemental, privés ou publics .

Un soutien financier et technique

Afin d’encourager les entreprises à investir dans la transition énergétique, Bordeaux Métropole propose un soutien financier et technique sur la base d’un appel à projets. Les lauréats peuvent décider de dépenser la subvention pour :

  • réaliser d’un audit énergétique
  • ou bien

  • recourir à un assistant à maîtrise d’ouvrage pour la réalisation de travaux énergétiques.

La subvention allouée est fixée à hauteur de 50 % des dépenses engagées dans la limite de 3 000 € par bâtiment.

Entreprises : pourquoi sauter le pas de la transitions énergétique ?
S’engager pour le climat a pour but de servir de multiples intérêts à diverses échelles : environnementales, nationales et urbaines et ainsi que locales. En effet, signer son engagement pour le développement durable permet d’améliorer son image, mais également son confort puisque glisser vers l’écoresponsabilité, c’est aussi promettre une meilleure santé individuelle et climatique.

Bordeaux, métropole durable

La capitale girondine multiplie ses efforts et engagements pour le développement durable et la transition énergétique. L’agglomération s’accorde avec les enjeux écologiques actuels et déploie nombre de projets en faveur de ces préoccupations d’ordre mondial. D’autres initiatives ont été investies telles qu’un règlement de protection des arbres ou encore la mise en œuvre de solutions innovantes pour l’éclairage urbain. De même, en 2013, la ville a officiellement inauguré la centrale solaire du Lac.

Par ailleurs, une Maison Écocitoyenne a vu le jour sur les bords de la Garonne, face à la porte Cailhau. Cet espace ouvert au public donne les moyens et l’envie d’agir au quotidien par le biais d’expositions, de visites, animations, projections et conférences. Sa mission de sensibilisation aide à l’accompagnement du changement des comportements des citoyens bordelais quant à leurs pratiques écologiques.

2050 : objectif “énergie positive” pour Bordeaux Métropole

Dans la droite lignée des normes énergétiques en vigueur pour les constructions, l’objectif est de faire de la métropole bordelaise l’une des premières métropoles à énergie positive à l’horizon 2050. Dans un contexte gouvernemental où les Réglementations Thermiques ne cessent d’être améliorées pour finalement devenir des Réglementations Environnementales, ces normes dédiées aux nouvelles constructions s’étendent à une échelle plus grande : celle des villes qui, à terme, seront à l’image de leur urbanisme : à énergie positive. C’est-à-dire que les villes produiront plus d’énergie qu’elles n’en consommeront. Cette ambition participe au rayonnement de la l’agglomération qui possède déjà le label Cit’ergie. Cet engagement sur le long terme profite à l’image de l’intercommunalité et à son attractivité.

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